Dialogue politique : La Constitution de la IVe République remise en cause par les fédéralistes

L’ancien ministre Tabera Randriamanantsoa déterminé à défendre la cause du fédéralisme.

Les partisans du fédéralisme refont surface pour remettre en question la légitimité de l’actuelle Constitution.             

Après les multiples interventions d’Edgard Razafindravahy, avec son « federalisma sahaza », la CNEF ou Conférence Nationale des Entités Fédéralistes relance depuis hier son cheval de bataille qui est le fédéralisme. L’ancien ministre Tabera Randriamanantsoa et consorts ont réuni à l’Espace Mahatazana des représentants de différentes entités politiques susceptibles de participer à un dialogue dit politique qui devrait aboutir à l’élaboration d’un projet de Constitution fédérale. Le processus a été lancé hier pour une durée de deux mois. « On va incessemment mettre sur pied une commission qui aura pour mission de consulter les opinions locales provinciales et nationales en vue de l’élaboration d’un projet de Constitution fédérale. Ce projet de Constitution qui fera l’objet d’un dialogue politique à Antananarivo sera soumis à référendum. La commission aura deux mois pour ce travail. », a expliqué Tabera Randriamanantsoa. Avant de justifier son approche : « L’actuelle Constitution n’a pas été cautionnée par la communanuté internationale. Il faudra donc une nouvelle Loi fondamentale, plus consensuelle et plus légitime. Et ce sera de cette nouvelle Constitution que seront élaborés le Code électoral et la loi sur la réconciliation nationale. » La CNEF remet donc en cause, non seulement la Constitution de la Quatrième République qui manque d’après elle de cohérence, mais aussi les textes électoraux en vigueur et la nouvelle loi sur la Réconciliation nationale.

18 morts. Selon Tabera Randriamanantsoa, un référendum constitutionnel doit précéder la prochaine élection présidentielle. « Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. », a-t-il martelé. Avant de mettre les points sur les « i » : « Une Constitution fédérale est la seule garante de l’unité et de la réconciliation nationale. » Aujourd’hui, les fédéralistes vont se rendre à Soanierana pour commémorer le 25e anniversaire d’un évènement politique de 1992 qui a fait périr 18 de leurs collègues dont Laha Gaston. « Il y a 25 ans de cela, des fédéralistes dirigés par Monja Jaona ont voulu remettre entre les mains des dirigeants des Forces Vives qui se réunissaient au CEMES Soanierana un projet de Constitution fédérale. En route, des coups de feu ont été ouverts et ont tué 18 militants du fédéralisme. Laha Gaston figurait parmi ceux qui ont péri au cours de l’embuscade. » En tout cas, reste à savoir si la énième tentative de Tabera Randriamanantsoa et consorts va cette fois-ci aboutir. Ils ont prêché dans le désert. Pour certains analystes politiques, les Malgaches ne seraient pas encore prêts à adopter le fédéralisme.

R. Eugène

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