Claudine Razaimamonjy : Evasion organisée selon la présidente du SMM

Jacaranda

Les auteurs, les co-auteurs et les complices seront poursuivis, a averti la présidente du Syndicat des magistrats Fanirisoa Ernaivo.

« Une évasion organisée au vu et au su de tout le monde ». C’est ainsi que la présidente du Syndicat des Magistrats de Madagascar Fanirisoa Ernaivo qualifie l’évacuation à l’étranger de la Conseillère spéciale auprès de la Présidence de la République, Claudine Razaimamonjy. Depuis l’annonce vendredi dernier de son placement sous mandat de dépôt par les juges de la Chaîne pénale anti-corruption, tous les observateurs ont soupçonné une manœuvre des tenants du régime en vue d’une fuite à l’étranger. Ce qui devait arriver arriva donc. Hier matin vers 3h30, Claudine Razaimamonjy a quitté l’hôpital HJRA. Elle aurait quitté l’Aéroport international d’Ivato vers 5h40 à bord d’un avion spécial de la compagnie MTA, à destination de l’île Maurice où elle devrait passer une angiographie cérébrale qui est une radiographie appliquée sur les vaisseaux. A en croire nos sources, pour cette « EVASAN » (Evacuation sanitaire ou Evasion sanitaire, c’est selon), la patronne de l’hôtel « A&C » est accompagnée par un médecin dénommé Ratsimbazafy Andry, le Sénateur Riana Andriamandavy VII, ainsi qu’un agent pénitentiaire qui figurait parmi les quatre ayant assuré sa garde durant son séjour au service des urgences de l’HJRA. D’après les informations, des cliniques privées d’Antananarivo tels que la Polyclinique d’Ilafy disposeraient d’un appareil d’angiographie.

Courant légèrement. Depuis le début de cette affaire, des experts en médecine ont haussé le ton en affirmant qu’une crise de dystonie neurovégétative ne nécessite guère une évacuation sanitaire. D’autant plus que d’après un témoin ayant assisté à son départ en catimini de l’hôpital HJRA, elle aurait quitté le service des urgences en marchant, voire en courant légèrement et non plus sur une civière. Claudine Razaimamonjy a ensuite été transportée par une ambulance de l’HJRA pour rejoindre l’aéroport d’Ivato. Du côté du personnel de l’hôpital, l’on soupçonne un coup bien préparé, puisque c’est un conseiller technique du ministre de la Santé publique qui était le médecin de garde ayant travaillé à la réanimation médicale durant la nuit de dimanche. Des témoins ont également affirmé que vers 22 heures, le ministre de la Santé Lalatiana Andriamanarivo et le ministre de la Justice Charles Andriamiseza se sont rendus à l’HJRA pour convaincre des médecins de garde d’autoriser et/ou de cautionner cette évacuation sanitaire. D’autres sources affirment également la présence du ministre de l’Agriculture et non moins président national du parti HVM, Rivo Rakotovao aux urgences de l’HJRA lorsque Claudine Razaimamonjy a quitté le lieu.  

Poursuite judiciaire. C’est certainement la raison pour laquelle le Syndicat des Magistrats de Madagascar soupçonne « une évasion organisée d’une manière délibérée et flagrante ». Hier matin, le bureau du SMM dirigé par sa présidente Fanirisoa Ernaivo a effectué une descente inopinée à l’hôpital HJRA pour réclamer les pièces ayant permis cette évacuation. Une rencontre à huis clos entre le SMM et le staff de l’HJRA a eu lieu. Une rencontre qui a duré presque une heure, mais qui n’a rien donné puisqu’apparemment, les responsables de l’hôpital n’ont pas voulu coopérer. Seules quelques pièces incomplètes ont été présentées. Au cours d’une brève interview à la presse, la Directrice générale de l’hôpital HJRA, Professeur Rakoto Alson Oliva a simplement affirmé que « Claudine Razaimamonjy a quitté l’hôpital à 3h30 du matin pour une destination inconnue ». Au cours d’une conférence de presse organisée hier après-midi, le Bureau du SMM a dénoncé « des violations flagrantes des textes en vigueur sur l’évacuation sanitaire d’une personne détenue préventivement ». « Cette EVASAN n’a pas respecté la procédure. Elle est viciée », a soutenu Rojovola Bora, vice-présidente du Syndicat des magistrats. Défaut de visa portant accord du Procureur général près la Cour d’Appel, du Juge d’instruction, du Substitut et du Substitut chargé du dossier ; absence de visa portant sur une contre-expertise médicale du médecin auprès du Ministère de la Justice et du médecin de l’établissement pénitencier ; absence de communication relative à l’identité de l’entité ou de hôpital d’évacuation. Ce sont entre autres, les irrégularités constatées par le SMM qui a réclamé l’ouverture immédiate d’une enquête, suivie d’une poursuite judiciaire contre les auteurs, les co-auteurs et les complices de cette violation de la loi.

IST. D’après Fanirisoa Ernaivo, « les pièces présentées par le staff de l’hôpital HJRA sont à la fois incomplètes et illégales puisque les responsables concernés n’ont même pas été avisés. Elles sont signées par un infirmier major pénitentiaire, la Procureure de la République Razafimelisoa Odette Balsama et le Secrétaire général du Ministère de la Santé. Le Procureur général Jacques Randrianasolo qui est, pourtant l’autorité suprême pour autoriser une EVASAN n’a même pas été tenu au courant de son départ ». Ce dernier a d’ailleurs affirmé l’existence de deux Interdictions de Sortie du Territoire (IST) dont fait l’objet Claudine Razaimamonjy. « C’est étonnant de savoir qu’elle a pu quitter le pays alors qu’elle fait l’objet de deux interdictions de sortie du territoire », s’étonne le Procureur général près la Cour d’Appel. Selon ses dires, la première IST date du 29 novembre 2016 tandis que la seconde est sortie le 8 avril dernier, suite à une demande déposée par le Bureau indépendant anti-corruption. Suite à cette évasion organisée d’en haut lieu, le Procureur général près la Cour d’Appel va ordonner l’ouverture d’une enquête. Tous ceux qui sont impliqués de près ou de loin à cette affaire seront donc poursuivis devant la Justice. Fanirisoa Ernaivo a même évoqué la possibilité d’une demande de coopération judiciaire avec le pays d’accueil. « Pour une évasion, le délai de prescription est de 3 ans », rappelle-t-elle. Une enquête sera également ouverte contre le Sénateur Riana Andriamandavy et les gros bras qui ont caillassé le portail du Bianco. Aux dernières nouvelles, Claudine Razaimamonjy aurait atterri à l’île Maurice ce matin vers 10h30 où elle a tout de suite été admise à l’hôpital « Fortis clinique Darné » de Curepipe.   

Davis R

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  1. tsy maintsy nanoratra ihany ny tena satria sangy mihoatrin’ny loha ity raharaha Claudine ity; Nahoana ndray moa izao ny olona no tadiavina tapenambava e? Hoe aoka tsy hisy haneho ny heviny fa aleo ny « bianco » hoy lery hanao ny asany? O zalahy e! Tsy maintsy maneho ny hevitray izahay nama a. Efa io mitohoka amin’ny vavoronao io ve ny porofo fanodikodinambolampanjakana avo lenta dia hoe hangina ny olona? Sao dia tsy mety e! Manana ny maha izy azy na ny Bianco na ny chaîne penale fa ianao mitady hanamboatra resaka io no tsy mazava. Hoy ny vazaha hoe: les affaires se suivent mais ne se ressemblent pas ». Hoe hitovy ny tany Toamasina ity!!!! aok’etsy! Ty anie io hitapoko hitapirenena io fa ny kidnapping!!! Mba misaina kely leroa azafady a!
    Fo sport

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