Suspension de maires : Risque de blocage total au niveau des conseils municipaux

L’impossibilité d’une cohabitation entre un maire suspendu et les conseillers municipaux qui les ont suspendus risque, faute de solution, de bloquer les affaires municipales.

La riposte des conseillers municipaux qui ont voté pour la suspension des maires à Toamasina, à Mahajanga, à Antsiranana et à Antsirabe, ne va pas tarder après la rencontre que le Premier ministre Mahafaly Solonandrasana Olivier a eue à Mahazoarivo avec l’association des maires des grandes villes de Madagascar. A en croire le chef du gouvernement qui est à la fois en charge de l’Intérieur et de la Décentralisation, l’arrêté de suspension entérinant les votes des conseils ne serait pas pris dans quelques jours. Le ministère de l’Intérieur serait obligé de prendre en considération non seulement la légitimité de ces maires élus, mais également et surtout les risques politiques qu’encourt le régime en place en les suspendant. Malgré les précautions prises par le pouvoir central, les risques sont énormes car désormais, la majorité au niveau des Conseils municipaux échappe aux maires suspendus. A Toamasina et à Mahajanga, Elysée Ratsiraka et Mokhtar Andriatomanga n’ont plus la majorité qui leur permettra de réaliser leurs projets de développement. Le développement des communes concernées risque ainsi d’être pris en otage par les conflits politiques et d’intérêts entre les maires et les conseillers.

Solution légalement acceptable. Pour éviter les risques de blocage total au niveau des conseils municipaux et si le pouvoir central, par le biais du ministère de l’Intérieur, ne voudrait pas pour le moment entériner la suspension des maires concernés, une solution légalement acceptable s’impose sans attendre. Lors de leur rencontre à l’hôtel Colbert, les maires des grandes villes, par le biais d’Elysée Ratsiraka, ont proposé le remplacement des conseillers municipaux actuels (pour les communes où les maires ont été suspendus par les conseillers municipaux) par leurs suppléants. Cette solution est-elle légalement acceptable ? En tout cas, l’impasse n’est plus à écarter à Toamasina, Mahajanga et à Antsirabe. Pour certains observateurs qui subodorent des mains politiques derrière la suspension de ces maires à majorité Mapar, en bloquant les affaires municipales au niveau du Conseil, les conseillers municipaux poussent de manière indirecte le ministère de l’Intérieur à prendre l’arrêté qui suspend pendant un mois les maires concernés.

R.Eugène

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