Monima : « Rupture du contrat social entre gouvernants et gouvernés »

Jacaranda

Le Comité national du Monima a tenu sa réunion les 04 et 05 mai dernier à Tana. Soit un mois, enfin presque, après la commémoration du soulèvement populaire du 1er avril 1971 qui était sinon le catalyseur, du moins les prémices du 13 mai 1972 dont on honore aujourd’hui le 45e anniversaire. Un hasard du calendrier qui est à l’image même de feu Monja Jaona qui avait marqué la lutte de libération nationale. « Les valeurs fondamentales et éthiques réactualisées en août 1987 par le leader charismatique du parti » ont été d’ailleurs conjuguées au présent par le Comité national du Monima au cours de ses assises qui ont réuni 90 participants issus de 19 régions du pays.

Front. Fidèle au mot d’ordre « kamivimbio », c’est-à-dire qui ne dévie pas de sa ligne, le noyau dirigeant du parti a également saisi l’occasion pour dénoncer « les graves manquements des tenants actuels du pouvoir face aux maux dont sont victimes nos concitoyens ».  Pour le Monima, il est de son devoir de critiquer les dérives et errements du régime en place qui se distinguent par « l’institutionnalisation de l’impunité ou « tsimatimanota », le règne de la corruption et les injustices qui pèsent sur la majorité de la population ». Et de souligner même « la rupture du contrat social entre les gouvernants et les gouvernés ». Afin de résoudre la crise profonde, le parti présidé par Monja Roindefo déclare être disponible à l’égard des forces vives pour constituer un « large front pour le vrai changement ». Changement entre autres des règles du jeu électoral sur le plan du financement de la campagne, de l’observation nationale et internationale… Sans oublier la CENI.

2018. Sur le plan économique, le Monima dénonce « la complicité de certains Malgaches avec des étrangers dans le monopole de secteurs importants comme l’énergie, le tabac… ». Une situation qui fait reculer les Investissements Directs Etrangers, d’après le parti qui est « contre le pillage et l’accaparement des richesses du pays et le harcèlement des fonctionnaires et élus qui ne sont pas inféodés au pouvoir ». Et de fustiger aussi la gabegie dans la gestion de sociétés d’Etat comme la Jirama, Air Madagascar, Kraomita… Un constat que le parti ne manquera certainement pas de remettre sur le tapis lors de son congrès national en 2018, année du 60e anniversaire du parti, mais aussi année de l’élection présidentielle. Un rendez-vous avec les Malgaches que Monja Roindefo et ses partisans entendent ne pas manquer pour justifier le nom du Monima qui signifie « Madagasikara Otronin’ny Malagasy ».

Recueillis par R. O

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