Pour un patriotisme économique

Eliana Bezaza Secrétaire nationale du PSD.

Eliana Bezaza. La Secrétaire nationale du PSD Eliana Bezaza d’affirmer d’une manière directe que les tenants du pouvoir actuels sont les premiers responsables de la déconfiture des tissus économiques du pays.

Midi-Madagasikara : Lors de vos périples dans différentes régions de l’Ile, le PSD est très critique vis-à-vis de la politique socio-économique du pays. Est-ce que cela confirme que le PSD est dans le front de l’opposition ?

Eliana Bezaza : « Faut-il seulement être dans l’opposition pour constater que rien ne va plus dans ce pays et que l’économie nationale est en pleine déconfiture. Le qualificatif n’a pas d’importance. L’essentiel est qu’il existe au moins des porte-paroles de cette population meurtrie par une série de régimes incapables de lui donner une vie décente alors qu’elle ne représente même pas le 1/5 de la capacité démographique du pays .Ironie du sort cette population excessivement pauvre est celle d’un pays extrêmement riche ».

Midi: Ne croyez-vous pas que le régime actuel a hérité des situations désastreuses de la Transition, ce qui explique en grande partie ce redémarrage difficile ?

E.B: « C’est une vérité de La Palisse mais cela ne doit pas constituer des excuses .Chaque fois quand on est incapable de redémarrer comme vous dites, on  parle de blocage de la communauté internationale ou de l’instabilité fomentée par les autres ou encore de l’indolence de la population. Par la voie des urnes ou par coup de force, ces régimes étaient arrivés au pouvoir de leur propre gré. Cela veut dire en termes clairs qu’ils étaient en connaissance de ces réalités difficiles avant d’arriver au pouvoir mais ils ont tout fait pour y accéder ».

Midi: Quand vous parlez de déconfiture des tissus économiques, à quoi vous faites allusions ?

E.B: « A ces importations sauvages qui assassinent sèchement les industries locales. Madagascar est devenu un immense dépotoir des autres avec leurs produits de contrefaçon et l’Etat reste impuissant devant cette irrégularité flagrante. Les cris d’alarme des industriels locaux n’ont jamais été entendus. Je fais allusion à l’arrivée massive des étrangers qui, par magie, sont dotés des périmètres miniers partout dans tout Madagascar et écartent les petits exploitants miniers malagasy de leurs terres. Ils sont des centaines voire des milliers dans les différents coins de l’île. Le député d’Ambositra Andrianarivo vient de révéler que ces étrangers sont à l’origine de ces insécurités rurales et de ces circulations massives d’armes de guerre. Je fais allusion à cette idée de donner une autorisation à des étrangers pour monter des ranches pour l’élevage intensif des bovidés à la place des éleveurs malagasy .C’est une manière la plus simple pour tuer définitivement l’élevage de zébus et les éleveurs malagasy. Ceux qui ont cette idée en tête n’imaginent même pas en un seul instant que l’élevage de zébu et le zébu font partie des patrimoines nationaux à préserver strictement. Si on veut introduire des investisseurs étrangers dans cette filière, cela ne devra être seulement qu’en aval. Ne soyez pas naïfs pour croire que cette déstabilisation de la filière zébu est uniquement une histoire des brigands des grands chemins. On veut atteindre le cœur même de l’une des spécificités économico-culturelles de Madagascar. Je fais allusion à l’existence de ces réseaux mafieux à l’origine de cette économie souterraine très florissante qui est le résultat des corruptions généralisées et en chaîne d’en haut lieu. De par son nom, cette économie souterraine se développe rapidement dans un contexte de crise et c’est pour cette raison que chaque crie a son importance d’avoir créé ses nouveaux riches. Son mécanisme de fonctionnement et l’argent facile qu’elle génère fragilise l’ensemble du système étatique en général et l’économie nationale en particulier. Pour se relever de cette situation désastreuse, Madagascar a besoin de réformes économiques en profondeur et de prendre des mesures adéquates pour faire face aux assauts extérieurs. Ce ne sont ni des restrictions vis –à-vis des autres ni du protectionnisme aveugle mais tout simplement du bon sens, un réflexe naturel de défense de ses biens et du patriotisme économique ».

Recueillis par Dominique R.

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