Qui sont nos hommes politiques ? – James Ratsima : « Mon pays d’abord, les hommes après ! »


Le professeur James Ratsima.

L’on connait quelques-uns de ces qualificatifs préférés, l’on se rappelle également de sa détermination et de son courage quand il s’agit de dénoncer et de réfuter une mauvaise décision qui s’impose à son pays. Lui, c’est James Ratsima et c’est sur lui que cet article va se focaliser.

Patriote. James Ratsima est marié, est le père de deux fils mais aussi le papi de trois petits-enfants. C’est un professeur qui a consacré tout son temps à former et à éduquer ses compatriotes qu’il n’a jamais relégués. Depuis l’âge de 16 ans même en étant absent du territoire malgache, le feu du patriotisme brûlait d’ores et déjà en lui. En étant étudiant en France, lui ainsi que ses confrères et consœurs ont dicté à la France de désinstaller son bateau de guerre parce que Madagascar n’est pas le sien. « Cela nous a valu des arrestations », a-t-il rappelé. Néanmoins, il ne s’est pas découragé étant donné que le patriotisme coule dans ses veines. En effet, James Ratsima est le fils d’un grand frondeur de la colonisation qui a offert son soutien au MDRM (Mouvement National pour la Rénovation de Madagascar) lequel a été mis à mort par le régime colonial de l’époque. « Il n’y a pas que mon père qui a été tué, ses deux frères aussi l’ont été », transmet-il. Ainsi, James Ratsima poursuit sa lutte jusqu’à maintenant et cherche à instaurer la véritable indépendance de Madagascar. En 2001, de retour à Madagascar, il était aux côtés du pasteur Rajakoba  qui se présentait aux présidentielles à travers le parti « Fihavanantsika ». « A cette époque, il voulait que j’établisse – en tant que secrétaire général – le projet de société qu’il allait exécuter », a précisé James Ratsima. Mais après quelques péripéties, ce dernier a décidé de fonder son propre parti dénommé « Front Patriotique Malagasy ». Mais selon lui, cette dénomination a entretenu l’ambigüité chez les concitoyens. Actuellement, James Ratsima s’exprime et s’active à travers le « Hasandratro ny Fireneko ».

Menaces. A Madagascar, il est connu grâce à la revendication des îles éparses. « Je suis parmi les premiers à les revendiquer depuis maintenant 16 ans. Après, plusieurs associations se sont créées et prétendent les réclamer alors que la plupart d’entre elles sont financées par les colons », défend le professeur. Le connaissant, il ne s’arrête pas là : « Les propos de Véronique Vouland, ambassadeur de France à Madagascar, y afférents sont inadmissibles car ils portent atteinte à la souveraineté nationale ». Il  a argué qu’il ne s’arrêtera pas nonobstant les menaces. « J’ai reçu bon nombre de menaces et il fut un temps où ma maison a été attaquée pour diverses raisons. Mais je suis toujours là car on ne peut m’acheter ni avec de l’argent ni avec du « seza ». Personne ne pourrait se permettre de me menacer », prévient-il.

Dire non. Dans cette même optique, James Ratsima ne cesse de dénoncer la mascarade d’indépendance que ne mérite point Madagascar. D’ailleurs, nous le reconnaissons pour cela. « En 1960, les colons nous ont donné un semblant d’indépendance, de drapeau national et d’hymne nationale. Jusqu’à maintenant, ils sont toujours présents à Madagascar et manipulent médiatement les élites qu’ils sélectionnent prudemment. Ils ont détruit notre langue et enseignent qu’il y a 18 tribus à Madagascar mais c’est faux. L’unité nationale des Malgaches a été prouvée scientifiquement », a-t-il soutenu. Pour cela, il tire la sonnette d’alarme. « Osons dire non aux colons et à leurs pratiques ».

Engagé et généraux. James Ratsima est un homme engagé. Pour libérer Madagascar des jougs de la pauvreté et de la misère, il propose plusieurs solutions. « La plupart des politiciens malgaches sont des usurpateurs et des arrivistes. Les vrais sont très minoritaires. Avec mon parti, nous avons établi une charte qui met en relief l’intérêt du peuple malgache et la négation de la colonisation. Pour faire simple, il s’agit d’une révolution totale un peu comme celle du Colonel Ratsimandrava et non d’un simple changement de personnes. Pour ce faire, l’organisation d’un forum national est indispensable », a-t-il informé avant de poursuivre que « Les structures coloniales ne persisteront plus ». Par ailleurs, il vient d’assister récemment à une rencontre en Afrique du Sud avec plusieurs responsables étatiques de différents pays. « Les îles éparses, l’indépendance monétaire et l’intégrité territoriale en Afrique y ont été discutées », enseigne-t-il. A part la politique, James Ratsima gère avec sa femme plusieurs centres pour les handicapés. Il cultive également du riz et des pommes de terre. « Quand c’est la saison des récoltes, je garde les quantités qui me suffisent et je partage le reste aux voisins nécessiteux », a-t-il soutenu humblement. James Ratsima n’a qu’un seul principe de vie : « Mon pays d’abord, les hommes après ».

Aina  Bovel

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