Budget de l’Etat : Les secteurs sociaux relégués !

Jacaranda
La Maire de la Commune Rurale de Bongatsara, Hanta Rabearisoa (au micro), durant son intervention (Photo ; Yvon Ram)

Le budget affecté aux secteurs sociaux régresse d’année en année, estime le Collectif des Citoyens et des Organisations Citoyennes.

Le citoyen lambda est loin de maîtriser la lecture du budget de l’Etat validé par la loi des finances mais n’observe que ses impacts sur sa vie sociale. Justement, selon une étude menée par CCOC ou Collectif des Citoyens et des Organisations Citoyennes, le budget de l’Etat impacte moins sur le volet social de la population. La cause n’est autre que la régression des ressources budgétaires affectées à ces secteurs sociaux.

Régression. Une fois de plus, la place des collectivités locales décentralisées a été mise en exergue. En effet, il a été constaté par Ony Radera, secrétaire général du CCOC que « le budget alloué aux secteurs sociaux régresse tous les ans » en marge d’une conférence-débat organisée, hier, par le CCOC à la Tranompokonolona Analakely axée sur le thème : « Le budget 2018 pourra-t-il répondre aux besoins réels des secteurs sociaux ? ». Et elle d’ajouter que « ces derniers – même s’ils figurent dans le Plan National du Développement – sont relégués sur le plan pratique ». C’est la raison pour laquelle la population ressent qu’elle vit dans l’extrême pauvreté. Par ailleurs, Ony Radera a mis l’accent sur le fait que « les secteurs sociaux dépendent des financements extérieurs qui ne figurent même pas dans le budget de l’Etat mais font partie des ressources extrabudgétaires ». Par ailleurs, l’on a su que les sommes allouées à l’éducation et la santé ne dépassent pas les 5% alors qu’en réalité, elles devraient être dans les 20 ou 15%.

Recommandations. Par rapport à ce manque d’impacts du budget sur les secteurs sociaux, Ony Radera a avancé des recommandations. Pour elle, basculer vers la décentralisation est irréversible. « Nous constatons que les ressources financières sont toujours focalisées sur la capitale et ses environs. Ce qui fait que les communes et les zones enclavées ont du mal à survivre. Voilà pourquoi nous soutenons l’idée d’une décentralisation budgétaire », a-t-elle soutenu. Par ailleurs, il faut revoir la gestion des ressources humaines étatiques. « Nous  ne sommes pas sans savoir que bon nombre de médecins et d’enseignants refusent de servir dans les zones lointaines. Ce qui fait que la population de ces zones ne bénéficient pas des services y afférents », a poursuivi la secrétaire générale de CCOC.  Hanta Rabearisoa, Maire de la Commune Rurale de Bongatsara estime – quant à elle – qu’ « il faut que l’Etat redéfinisse les priorités pour que les secteurs sociaux puissent impacter véritablement sur les besoins de la population ». L’on attend, donc, d’après les explications reçues, une intégration de la société civile dans l’élaboration du budget de l’Etat. De surcroît, elle souhaite à ce que le recours à la loi de finances rectificatives ne soit pas systématique.

Aina Bovel

Telma Fibre Vibe

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