Comité Local de Développement : Les sénateurs et les chefs de « Fokontany » revendiquent leur intégration !

Jacaranda

Instauré afin de déclencher une décentralisation effective, le CLD ou Comité Local de Développement est géré au niveau des districts conformément à la loi n°2015-024 du 17 novembre 2015 portant octroi de Fonds Local de Développement au profit des Collectivités Territoriales Décentralisées de base.

Pourquoi le confier à des circonscriptions administratives ? « Le District renferme plusieurs communes », selon cette loi. Par ailleurs, l’article 148 de la Constitution précise que « les communes  constituent les Collectivités Territoriales Décentralisées de base ». Mais les chefs des 192 « Fokontany » au sein de la Commune Urbaine d’Antananarivo ne l’entendent pas de cette oreille. Ils exigent plus de participation et surtout leur intégration dans la gestion de ces fonds. Ratiana Riana Francis, président de leur association explique : « Les fonds locaux de développement ne doivent pas rester au niveau des communes et des districts, les « Fokontany » en ont plus besoin afin de réaliser les travaux de développement  dont ils ont la charge ». Depuis toujours, les « Fokontany » qui s’avèrent être les premières structures de base avant les communes sont relégués. Les longs débats et les palabres selon lesquels l’on devrait élire ces chefs au suffrage universel direct existent mais ne pondent pas. Par ailleurs, la décentralisation que l’on tente de mettre en œuvre devrait partir de la base, c’est-à-dire au niveau des « Fokontany ». « Des réunions devraient avoir lieu entre la CUA et les 192 « Fokontany » afin de discuter des points essentiels concernant le vrai développement local », a toujours affirmé Ratiana Riana Francis.

Les sénateurs aussi. Mais il n’y a pas que les chefs des 192 « Fokontany » d’Antananarivo qui exigent un changement au niveau de la gestion et du fonctionnement des CLD. Les sénateurs s’y mettent aussi. En effet, hier, ils ont revendiqué leur participation à la présidence du CLD au Palais d’Anosikely en argumentant : « Nous sommes également des élus donc il est tout à fait normal que nous fassions partie de ceux qui dirigent le CLD ». Selon l’article 3 de la loi y afférente, « le Député préside le Comité Local de Développement. Il dirige, ordonne et veille à son exécution ». Et les sénateurs – dont les deux tiers sont élus au suffrage universel indirect et l’un tiers nommé par le président de la République – veulent faire pareil. Une fois de plus, les problèmes de base ne font pas l’objet de  réelles discussions. Il n’y a que des faux débats qui sont ouverts. D’ailleurs, la présidence du CLD ne se cantonne pas uniquement au fait d’être un élu, mais d’être un élu local connaissant « la réalité économique de sa circonscription ». Pour en revenir à la revendication des 192 chefs de « Fokontany » d’Antananarivo, elle revêt un aspect légitime et est en symbiose avec l’esprit de la loi n°2015-024 précitée sauf que pour avoir un réel développement en partant de la base ou suivant l’approche « bottom-up », il faut partir des « Fokontany », et donc, des amendements au niveau des textes s’imposent.

Aina Bovel  

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