Lettre du lecteur : Règlement de sortie de crise

Toute crise, même les plus intenses, trouve sa solution et dans la DIPLOMATIE et dans la POLITIQUE. Il ne s’agit pourtant pas d’une politique à favoriser, mais de mener à bonne fin une voie politique viable pour sortir MADAGASCAR de l’impasse de la crise. Cette voie est souvent difficile à trouver. Les approximations sont quelquefois hasardeuses, les démarches coûteuses en temps et en efforts, les délais imprévisibles. La nécessité d’un dialogue sur les actions à mener devrait, en conséquence, être une priorité absolue. Il faut donner la possibilité aux principaux acteurs et à toutes les parties prenantes – surtout les plus vulnérables et marginalisés de faire mieux entendre leurs voix et de faire en sorte que leurs points de vue soient pris en compte dans les décisions relatives à la politique et aux programmes gouvernementaux. L’absence de dialogue constitue indubitablement l’un des facteurs de blocage de la sortie de crise. La promotion et le renforcement du dialogue devraient se faire dans le cadre de la Réconciliation nationale en ce sens que cette crise peut briser le pouvoir au premier assaut.

Le processus de la Réconciliation nationale ne doit pas être considéré isolement. Il doit s’inscrire dans un contexte le plus large de la recherche de paix, de stabilité et du développement avec un accent spécial sur la relance des activités socioéconomiques. En d’autres termes, il est indispensable de trouver la stabilité politique et la sécurité parallèlement au développement socioéconomique en vue de consolider la paix à Madagascar.

Pour maîtriser une crise, il ne suffit pas nécessairement de la modérer. Encore faut-il l’utiliser aux fins d’une stratégie, de façon résolument novatrice suivant les fins qu’elle poursuit. La diplomatie est l’un des moyens de cette stratégie permettant d’identifier rapidement et de prévenir les risques d’affrontement majeur et de l’escalade des menaces aux Droits de l’Homme. Au demeurant, les détenteurs d’obligations ne devraient pas rester indifférents et laisser les tensions politique- sociale ou économique se développer. Les manœuvres diplomatiques exploitent les anticipations. Prendre l’initiative apparaît toujours comme le meilleur défi.

On devrait rejeter catégoriquement l’utilisation du principe de la souveraineté comme une circonstance exonératoire permettant d’écarter les engagements souscrits dans la Feuille De Route du 16 septembre 2011 devenue Loi nationale. L’usage de ce principe à des fins étrangères aux obligations prévues dans ladite Feuille de Route pourrait compromettre gravement la stabilité du pays. Certes, la FDR n’est pas parfaite. Nulle œuvre humaine n’est parfaite. Néanmoins, elle mérite d’exister. D’autre part, il est vraiment regrettable que la loi nationale elle-même soit maintenant perçue comme un obstacle mettant en péril la stabilité et la sécurité du peuple malgache.

Pour traiter efficacement une crise, il faut la situer dans une vision qui l’explique. Le maniement d’une crise exige plus d’autorité, plus d’initiative et plus de responsabilité. Le traitement des crises requiert le besoin de développer la responsabilité du commandement politique, le sens de la discipline, de la prévision et de la prévention, des réflexions prospectives et systématiques. Le gouvernement doit faire preuve de plus de célérité, d’impartialité, d’efficacité et une meilleure coordination dans ses actions afin de créer une atmosphère favorable à la tenue d’élections démocratiques en 2018.

La situation actuelle exige donc des solutions radicales nécessitant la mise en coordination et de cohérence des synergies existantes entre l’ONU, les Organisations Régionales et sous régionales afin que cette crise ne dégénère en véritable conflit.

Il est également important d’impliquer directement la société civile et d’instaurer une synergie plus grande entre les membres de la société civile aux différents stades du processus de la Réconciliation nationale et donc du règlement de sortie de crise.

Par Bakoly Andrianady, juriste

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