GEN : Le parti au pouvoir verrouille l’appareil étatique

La récurrence des instabilités entraînées par les élections est un indicateur pour opérer dans l’urgence, des réformes juridiques et institutionnelles.

Les élections en 2018, dans le calme, la paix où les belligérants acceptent les résultats, c’est le souhait de tous les Malagasy. La situation actuelle est alarmante et les risques de conflits sont bien réels. Dans une perspective de prévention, le Groupe des Experts Nationaux (GEN) propose une réflexion approfondie afin de contourner, d’éliminer ou tout au moins d’atténuer toute source de tension liée au processus électoral. Il a ainsi souligné que la méfiance règne au sein de notre société. Citons, entre autres, méfiance vis-à-vis des autorités politiques qui n’engagent pas le pays dans une stabilité démocratique dans la mesure où l’aspiration à un second mandat y règne encore, méfiance vis-à-vis de l’appareil judiciaire qui  ne démontre pas son indépendance et son impartialité, ce qui explique pourquoi la vindicte populaire fait tâche d’huile dans le pays, méfiance vis-à-vis des forces de l’ordre qui font défaut de leur engagement de protéger les personnes et leurs biens. Méfiance vis-à-vis de la HCC dont les avis et décisions  actuels  sont suspectés de partialité  et méfiance vis-à-vis de la CENI  qui manque d’impartialité parce que dépendante du régime et de la Communauté internationale. Le GEN estime ainsi que pour réaliser des élections dont les résultats seraient acceptés sans discussion, il nous faut, à nous Malagasy, identifier les causes profondes des problèmes et les résoudre par nous-mêmes, par la concertation et le dialogue.

Décisions. Ce groupe de constater également que depuis 40 ans (1975-2015), le parti au pouvoir monopolise et verrouille l’appareil étatique, prend des décisions  unilatérales, pour l’opérationnalisation des institutions en charge de l’organisation des  élections, ceci afin de rester au pouvoir éternellement, par crainte de  vengeance et de représailles s’il y a  alternance. Et toute forme d’opposition est écartée voire réprimée. Le parti opposant au régime, convaincu de vaincre aux élections, face à la situation dans le pays, est exclu des prises de décision et n’est pas représenté dans l’organe  organisateur des élections. Une contestation des résultats et du processus même  est probable, source de tension politique grave (2002). Il pense, en outre, que le risque majeur est l’instrumentalisation de la HCC sur la proclamation de la victoire  et la non considération des recours aux contentieux électoraux des candidats adverses.

Assises nationales. GEN de continuer que la composition de la CENI, organe de gestion des élections, fait l’objet de remarques pertinentes quant à son indépendance et son impartialité, le parti se disant de l’opposition n’étant pas représenté dans cet organe et  certains des  membres actuels ayant déjà occupé des postes  politiques au sein du gouvernement ou des membres de parti pro régime. Dans cette optique, le GEN recommande des Assises Nationales, qui ne sont pas imposées par la Communauté Internationale, mais négociées  par tous les acteurs politiques, les Organisations de la Société Civile et les syndicats

Recueillis par Dominique R.

Suivez-nous aussi sur Facebook

Partager cette publication

Poster un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.