« Manal’azy » et monôme !

Ça y est le bac est terminé. La pensée de la fête d’après l’examen, pour certains, a plus préoccupé que les épreuves en elles-mêmes, mais pour beaucoup, ce temps de relâchement a été tout à fait le bienvenu. Les éternels râleurs y vont de leurs chansonnettes : « Moments de débauches, libations, dévergondages et beuveries » et je ne sais quoi, ne cessent-ils de répéter. Ils oublient que de tout temps, les sociétés humaines ont créé, après les efforts endurés, après avoir endurci les rigueurs du climat … des fêtes ou des festivals avec comme vocation de souffler, de se libérer des contraintes sociétales. Ces moments de joie n’ont eu de raison que de cette motivation. Vendredi soir ou plutôt samedi à l’aube, il est vrai que les rues, du moins dans la capitale, étaient animées de jeunes fatigués mais heureux et soulagés momentanément de leurs angoisses. Mais après, tout est rentré dans l’ordre. Alors cessons de dire du mal à la jeunesse.  Mais à y réfléchir quand est-ce que le Malgache se relâche ? La paupérisation rampante et l’insécurité permanente ont  eu raison de son vouloir fêter  librement. Les bals de fin de semaine pour les parents, faute d’argent, datent d’un autre temps et même  pour les mariages, ils se terminent dès le coucher du soleil de peur de se voir détrousser. Les cabarets, les karaokés ne sont jamais que des moments furtifs (et vis-à-vis de la famille ?) et encore pour ceux qui ont les moyens et surtout véhiculés. La déesse Télé est la seule à tendre les bras qui ne soit pas coûteuse et rassurante pour tous. Les vacances en famille, n’en parlons pas, elles se réduisent à quelques jours tout au plus une semaine en bord de mer, quand par hasard un minibus est disponible pour toute la fournée.

Mais revenons au bac, il y a quelques dizaines d’années, la fin des épreuves de cet examen était redoutée. L’attroupement inévitable pour discuter des sujets s’achevait par un feu de camp au milieu de la chaussée alimentée par les feuilles de brouillon et l’on dansait et chantait tout autour. Pendant ce temps, les policiers, regardant d’un coin de l’œil, restent bienveillants jusqu’à ce que le rassemblement ne devienne une manifestation et trouble vraiment l’ordre public. C’était ce qu’on appelait un monôme. Et la plupart du temps, le calme revient  sans trop de casse. Et oui, nostalgie quand tu nous tiens, en pensant à ces temps où tous ont fait preuve de discernement et de confiance !  N’est- ce pas ce que  l’on appelle le vrai consensus social ? Et dire que maintenant, les faits culturels, religieux, voire sportifs sont observés avec un œil politique et l’on se demande pourquoi il y a des manifestations de masse désordonnées et déstabilisatrices de l’ordre social et politique.

M.Ranarivao

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