Andrianasolo Léon Dola : « La révision constitutionnelle n’est pas urgente ! »

Jacaranda
Andrianasolo Léon Dola, magistrat retraité et expert en Relations Internationales.

Face à la tentative du régime de réviser la Constitution contre vents et marrées, Andrianasolo Léon Dola, magistrat retraité et expert en Relations Internationales, trouve que « ce n’est pas du tout urgent ». En effet, et ce, à titre de rappel, d’après les allégations du chef de l’État, lors de la rencontre avec la presse à Iavoloha, le 16 septembre dernier, il faudrait valoriser les Fokontany parce qu’ils sont des leviers de développement. Pour ce faire, pense-t-il réviser la Constitution pour que ceux-ci fassent partie des collectivités territoriales décentralisées. « Beaucoup de zones d’ombres planent autour de cette question. L’on ignore ce que l’État veut faire de ces fokontany. Mais je réitère que c’est loin d’être urgent », soutient-il. Et ce n’est pas tout. Andrianasolo Léon Dola a également son mot à dire par rapport à l’article 46 de la Constitution qui prévoit que le président de la République candidat à sa propre succession doit démissionner 60 jours avant la date du scrutin présidentiel. « Le régime avance le vide institutionnel comme argument. Or, la Constitution elle-même dispose que c’est le président du Sénat qui s’occupe des attributions présidentielles courantes durant la vacance de poste du chef de l’État », soutient cet expert en Relations Internationales. Point n’est donc besoin de réviser la Constitution pour cette raison.

Calculs politiques. Quoiqu’il en soit, il faut préalablement considérer l’article 161 de la Constitution qui met en exergue que la révision constitutionnelle est possible seulement « en cas de nécessité jugée impérieuse ». Interrogé sur l’institution qui appréciera l’impériosité d’une situation, Andrianasolo Léon Dola de répondre : « il y a un vide juridique par rapport à ce point. Mais il est fort possible que ce soit la HCC ». Mais là encore, il émet des réserves. « Si la Haute Cour est destinée à effectuer une mission particulière, elle va décider que telle situation est impérieuse. Donc l’on peut procéder au référendum. Si, dans le cas contraire, elle pourrait faire preuve d’indépendance, peut-être que cette révision de la Constitution n’aura pas lieu d’être ». Pour ce juriste, des calculs politiques se cachent derrière cet empressement du régime. « Si on organise d’abord le référendum, quid du budget alloué aux élections ? Peut-être que les présidentielles et les législatives seront reportées en 2019 », affirme-t-il. A côté, la Ceni a d’ores et déjà indiqué qu’il lui faut 363 jours à partir de l’ouverture des révisions annuelles des listes électorales (RALE), soit le 1er décembre, pour conduire en bon père de famille le processus électoral. « Le régime devrait prendre le temps d’écouter ceux qui sont contre cette révision et ne pas s’obstiner à y procéder coûte que coûte », conclut Andrianasolo Léon Dola.

Aina Bovel

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  1. vue son impopularité, le régime actuel ne fait pas confiance à lui même!

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