Diaspora : Le concept de développement à redéfinir !


Bmoi

Jacaranda

La première édition du forum de la diaspora malgache s’est terminée samedi dernier. A l’issue, une politique selon laquelle cette diaspora va participer activement au développement de Madagascar a été mise à la connaissance du public. Une politique et une participation qui ne font pas véritablement l’unanimité. D’abord, l’uniformité de la diaspora revêt un caractère dubitatif et donne naissance à plusieurs débats au sein de l’opinion publique. En politique, c’est plus que limpide. Il y a une frange de la diaspora qui soutient le régime en place et qui est venue participer au forum. Et puis, une autre frange qui – pas plus tard que la semaine dernière – a proclamé d’urbi et d’orbi, d’une part, soutenir et requérir la candidature de l’ancien chef de l’État Marc Ravalomanana aux présidentielles de 2018 et boycottait le forum, d’autre part. Les deux appartenant à cette communauté qu’est la diaspora. Par ailleurs, la question du droit de vote de cette dernière recèle toujours quelques zones d’ombres de la part des instances dirigeantes actuelles. Ni approuvée ni rejetée même si dans les autres pays, c’est relativement normal. Calculs politiques obligent d’autant plus que les quelques 250 000 expatriés malgaches constituent véritablement un réservoir de voix. Quoiqu’il en soit, force est de reconnaître qu’avec cette histoire de diaspora, le régime veut obtenir le beurre et l’argent du beurre en sollicitant la contribution de la diaspora dans le développement du pays tout en lui refusant (médiatement) le droit de vote.

Question culturelle. Un historien et artiste répondant au nom de H.A. a donné son point de vue par rapport à la question relative au développement de Madagascar par la participation de la diaspora. « Le développement ? C’est un concept très large. Il faut définir, au préalable, entre autres, les principes y afférents et le genre ou type de développement qu’on veut introduire dans le pays », a-t-il soutenu. Et lui de poursuivre qu’« en vrai, le développement est celui qui participe à l’amélioration des conditions de vie (sociales) de chaque ménage et auquel chacun apporte sa contribution. Et non comme ce qui se passe actuellement, c’est-à-dire, un moyen d’enrichir ceux qui le sont déjà, et qui plus est largement autorisé par le système ». Un développement non-inclusif pour faire simple.  Pour lui, toute est question culturelle et les responsabilités ne peuvent être que partagées. « Le problème ? D’un côté, l’État n’a pas véritablement de vision claire qui définit ce développement et la stratégie à adopter pour y parvenir. De surcroît, il ne considère pas les valeurs et ressources humaines mais s’érige plutôt en obstacle. De l’autre, presque la majorité de la population a oublié sa part de responsabilité dans le développement du pays », dénonce-t-il. En somme, la participation de la diaspora au développement du pays ne relève que des « calculs » pour reprendre les termes de H.A. Peut-être une goutte d’eau dans l’océan. Et là encore, il est plus qu’évident que « l’infantilisation du peuple demeure le premier modus operandi des dirigeants pour que ce dernier ne soit pas à même de connaitre ce qu’il doit impérativement faire pour son pays », conclut-il.

Aina Bovel 

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