Union Européenne : Un million d’Euro pour éviter les conflits électoraux !



Jacaranda

« C’est l’affaire de tous d’exiger un climat apaisé en période électorale ». Ce sont les propos de l’ambassadeur de l’Union Européenne à Madagascar, Antonio Benedito Sanchez, hier à l’hôtel Ibis Ankorondrano, en marge du lancement du programme Pev. Le Pev est un projet d’appui à la prévention de la gestion de conflits et violences potentiels liés aux élections à Madagascar. Financé par l’Union Européenne à travers l’Instrument contribuant à la Stabilité et à la Paix (IcSP) à hauteur d’un million d’euro, il dure 20 mois (de Janvier 2018 au mois d’Août 2019) et s’étend dans les six provinces. Mais l’Union Européenne craint-elle des élections sources de conflits et/ou de violences ? L’ambassadeur de répondre : « L’objectif est de voir des élections se tenir dans le respect des règles du jeu, c’est-à-dire dans la légalité, des élections transparentes et inclusives avec la participation active de tous et qui conduisent à un renforcement de la démocratie à Madagascar ».  

Etat des lieux. Lors du lancement du projet, l’état des lieux actuel n’a pas été omis. Ainsi, « la présence d’une violence psychologique et structurelle » est constatée. Cela veut dire, d’après les explications de Juvence Ramasy que « l’on vit dans un climat de peur, de terreur et d’intimidations » (c’est la violence psychologique) et que « des manipulations des lois électorales » sont à craindre (c’est la violence structurelle). Par rapport à ces points, ce ne sont pas les illustrations qui font défaut. Des manipulations constitutionnelles ou légales, des manœuvres dolosives pour éliminer tel ou tel candidat de la course à la magistrature suprême, par exemple, sont d’actualité. Ou encore, l’interdiction des simples rencontres politiques, des congrès nationaux, des assises régionales ou la célébration d’un anniversaire d’un parti. Tout cela porte atteinte à la stabilité et est susceptible de créer des troubles durant tout le processus  électoral.

Alertes précoces. C’est justement pour éviter ce genre de troubles ou violences que le projet Pev trouve toute son essence. D’après les explications de Lalaina Randriarimanana, coordonnatrice générale de Liberty 32, des bénévoles seront formés à partir de la semaine prochaine et c’est seulement après cette formation que ces derniers seront répartis dans tout Madagascar. « Ils auront à signaler les cas suspects. Par la suite, ils seront vérifiés à travers la radio ou par la société civile. S’ils sont fondés, ils seront placés sur le site web dédié pour cela pour que les individus puissent en être informés », indique-t-elle. Par ailleurs, des débats et des échanges entre les forces vives de la nation ainsi que les citoyens sont en gestation, et une série de dialogues entre les acteurs est également au rendez-vous. Notons que les principales cibles du projet Pev ne sont autres que les membres de la société civile, les médias, les forces de l’ordre et les diverses autorités électorales.

Aina Bovel


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