Lois électorales : Les personnes handicapées reléguées aux oubliettes !

Jacaranda
Aveuglés par la corruption, les députés marchandés de Madagascar oublient très vite la situation des handicapés lors des élections. (Photo d’archives)

Les députés qui ont voté les lois électorales mardi dernier, représentent également les personnes en situation de handicap (Psh). Pourtant, plaçant leur égocentrisme au centre des intérêts, ils ont relégué aux oubliettes les « galères » de ces personnes en période électorale.

Aucune ou presque aucune disposition relative aux personnes en situation de handicap (Psh) n’est prévue dans les lois électorales, et pourtant, elles – ces personnes – font partie des citoyens en droit de voter et constituent 10 à 14% de la population. La plateforme des fédérations des personnes handicapées, qui a fourni ces données, n’a pas manqué de le souligner le mercredi 28 mars, en marge d’une conférence de presse organisée par les organisations de la société civile regroupées au sein du mouvement Rohy, à Ambatonakanga. En effet, la présidente de cette plateforme a argué avoir des suggestions par rapport aux situations des personnes handicapées dans le processus électoral, tout en indiquant les problèmes auxquels elles feront face avant et, surtout, pendant les élections.

Péripéties. Ainsi, elle met l’accent sur les articles 4 et 11 de la loi organique relative à l’élection du président de la République lesquels ont trait, d’une manière générale, à la convocation des électeurs. « Il faudrait voir de près le type de handicap qui frappe une Psh dans la mesure où c’est lié à la convocation des électeurs et la diffusion des informations relatives aux élections. Comment un aveugle pourrait-il savoir qu’il s’agit de tel ou tel candidat qui s’exprime ? Et comment un sourd pourrait-il savoir la teneur du programme de tel ou tel candidat ainsi que les explications y afférentes ? », a introduit la présidente de ladite plateforme. Mais ce n’est pas tout. Elle a beaucoup insisté sur les bureaux de vote. « Dans les autres régions, les Psh qui utilisent des fauteuils roulants ont du mal à entrer dans un bureau de vote parce qu’il n’y a aucun dispositif particulier qui garantit leur confort. Il en est de même pour l’isoloir qui, généralement, est tellement étroit que seules les personnes ne souffrant d’aucun handicap peuvent utiliser à bon escient », poursuit-elle.

Vote secret. Par ailleurs, le caractère secret du vote risque d’être biaisé pour ces personnes. En effet, si aucun dispositif particulier pour les aveugles n’est prévu, par exemple, sur le bulletin de vote (comme l’absence d’impression en relief), il sera obligé d’emmener quelqu’un avec lui dans l’isoloir pour effectuer le vote à sa place. Et là, la question de la bonne ou de la mauvaise de la personne est loin d’être anodine. Même topo pour les personnes qui n’ont pas de bras et qui sont obligées de faire appel à l’assistance de quelqu’un pour exercer son droit de vote. Là, il n’y aura plus de vote secret. D’où la nécessité d’introduire des dispositifs particuliers pour les personnes handicapées dans les lois électorales. Autrement, vive l’iniquité et l’inégalité !

Aina Bovel

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  1. Je vis à Madagascar toute ma vie et j’ai déja 75 ans. Et vous savez, maintenant c’est le meilleur temps de Madagascar de tous les temps

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