Projet d’appui à la prévention de la gestion de conflits et violences électorales : Quid des activités de la société civile ?

Des tensions, des affrontements, des revendications politiques, des condamnations surgissent de partout en ce moment. Une situation d’ores et déjà « prévisible » par l’Union européenne laquelle, rappelons-le, est la mère du « projet Pev » ou projet d’appui à la prévention de la gestion de conflits et violences potentiels liés aux élections à Madagascar. Où en est ce projet ?

Bien avant le déclenchement de ce « tolona » (combat) par les désormais « députés pour le changement », force est de reconnaître que les signes d’une ambiance préélectorale tendue sont réunis. En effet, et là, il faudrait emprunter les termes utilisés par l’Union européenne dans son « projet Pev » – lancé le 13 mars dernier à l’Hôtel Ibis Ankorondrano – les violences structurelles sont prouvées. A titre de rappel, le politologue Juvence Ramasy, lors du lancement du projet, a précisé que « ces dernières touchent le cadre juridico-institutionnel, se traduisant généralement par des manipulations des lois électorales ». Sur ce point, nous ne sommes pas savoir que l’origine de ce désordre, de ce « tolona » des 73 députés de l’Opposition a trait au vote des lois électorales extrêmement controversées. Non seulement, le vote a été effectué sur fond de corruption mais aussi et surtout, elles éliminent implicitement des candidats potentiels et favoriseront ceux du régime.

Violences physiques. Mais ce n’est pas tout. Il n’y a pas que les violences structurelles qui font rage. Les violences physiques le sont aussi. Toujours d’après les explications de Juvence Ramasy, « elles se manifestent par l’utilisation de la force comme la dispersion des manifestants par des grenades, le kidnapping ou encore l’assassinat des adversaires politiques ». Là non plus, ce ne sont pas les illustrations qui manquent car le mois dernier, un technicien d’une station radio privée de tendance défavorable au régime a été agressé à Ankorondrano. Jusqu’à maintenant, on ignore les motifs de son agression et l’identité de ses agresseurs. Quelques jours après, le président fondateur du parti DHD, Hary Naivo Rasamoelina a été lui aussi victime d’une agression à Ampefiloha. Comme le cas du premier, les mobiles de son agression et ses agresseurs sont inconnus. Par ailleurs, le weekend dernier, après les affrontements du 21 avril qui ont coûté la vie à six personnes, le président national du KMD et secrétaire général du parti Tafa, a également eu sa part. Il a été agressé sur le front et comme les deux autres, l’objet de son agression et ses agresseurs ne sont pas connus.

Violences psychologiques. « Les violences psychologiques sont les résultats des violences physiques, c’est-à-dire un climat de peur, d’intimidations et de terreur », toujours d’après les explications de Juvence Ramasy. Les schémas du moment en disent long par rapport à cette notion. De tout ce qui précède, et vu que le « projet Pev » s’étend uniquement sur une période de vingt mois (Janvier 2018 – Août 2019), l’on constate une certaine latence au niveau des organisations de la société civile lesquelles sont mandatées de signaler les cas de violences, de les confirmer et de les mettre sur le site y afférent, une fois les faits confirmés. Par ailleurs, si la confirmation des faits consomme énormément du temps, et qu’aucune mesure ne peut être prise durant ce processus, les organisations de la société civile auront des difficultés à les gérer à bon escient et à temps. On se demande où en est le projet actuellement après une descente sur les lieux des responsables du « projet Pev » à Fianarantsoa, il y a deux semaines. De surcroît, les violences s’accumulent et s’enveniment. Si les travaux n’ont pas encore commencé, que valent les atermoiements ? Des explications s’imposent.

Aina Bovel

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