Communauté internationale : Une médiation partiale

Jacaranda

Fin de mission pour les médiateurs internationaux dépêchés à Madagascar dans le cadre de la résolution de crise. Joaquim Chissano, émissaire de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe quittera le pays ce jour après une rencontre avec la presse. Pourtant, la situation reste au statu quo. Aucun consensus n’a été trouvé pour ce premier acte. Le président Hery Rajaonarimampianina continue de s’accrocher à son « seza » tandis que « les 73 députés pour le changement » continuent de revendiquer son départ. Certains observateurs considèrent la mission de médiation internationale comme « un fiasco ». Avant même leur venue, les émissaires des Nations unies, de l’Union européenne, de l’Union africaine et de la SADC n’ont pas fait l’unanimité. La Communauté internationale est accusée d’être responsable de la situation actuelle en imposant le « ni…ni » lors de la Présidentielle de 2013. Pourtant, la même erreur risque de se reproduire pour cette nouvelle médiation. Certains acteurs politiques dénoncent une médiation partiale de la Communauté internationale. En effet, d’après les indiscrétions, les Joaquim Chissano, Ramtane Lamamra, Abdoulaye Bathily et consorts n’ont avancé aucune proposition, ni aucun schéma de sortie pour la crise malgache. Durant les différentes consultations, ils ont tenté de convaincre les acteurs politiques malgaches à « respecter les institutions démocratiquement élues et à attendre le mois de novembre prévu pour la tenue de la Présidentielle ». Les médiateurs internationaux souhaitent en effet que Hery Rajaonarimampianina soit maintenu à son poste et termine son mandat. Même topo pour le gouvernement Mahafaly Olivier Solonandrasana, à qui l’organisation des échéances électorales devrait être confiée.

Aspirations populaires. En quelque sorte, la Communauté internationale fait fi des aspirations populaires et des revendications des députés pour le changement qui exigent la démission immédiate de Hery Rajaonarimampianina. On se demande aussi si les émissaires de la SADC, ceux de l’Union africaine, ceux des Nations unies et ceux de l’Union européenne sont bien informés par rapport à la situation sur le terrain. Sont-ils au courant de la grande mobilisation que l’opposition a organisée samedi dernier au niveau des chefs-lieux des provinces et dans certaines grandes villes. Techniquement, la mission des médiateurs devrait être axée sur la recherche d’un terrain d’entente entre les protagonistes. Ce qui n’a pas été le cas si on s’en tient à nos sources. On assiste à une médiation partiale qui cherche uniquement à défendre les intérêts du régime HVM. Des menaces de sanctions auraient même été lancées à l’encontre de la Grande Ile, et particulièrement contre les acteurs politiques qui refuseraient de se soumettre à leurs exigences. C’est certainement la raison pour laquelle Marc Ravalomanana a sorti hier un communiqué dénonçant « une démarche absurde et un excès de pouvoir commis par les médiateurs ». En tout cas, la médiation internationale est plus que jamais décriée. Pour bénéficier d’une crédibilité, Joaquim Chissano devrait trouver un projet de résolution de crise consensuelle, tenant compte des réalités sur le terrain et des aspirations populaires.

Davis R

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  1. Si vous aviez conscience que le seul fait de nommer « COMMUNAUTE INTERNATIONALE » ce qui n’est qu’un système néo-colonial de tutelle de l’Afrique est la cause première de tout ce fiasco. Vous légitimez ces émissaires qui ne sont que des voyageurs de commerce des ultra-libéraux canadiens, étasuniens, européens, français, etc… En réalité, la SADC, le COMESA, la COI, l’OIF politique et non pas culturelle, les déclinaisons de l’ONU aux mains des libéraux occidentaux, le FMI, l’UA, la Banque Mondiale, l’OMC qui définit les règles mercantiles, la cohorte des ambassadeurs des pays nantis du Nord, les accords ACP, le Franc CFA … Voilà ce que vous appelez la « COMMUNAUTE INTERNATIONALE ».
    Si vous ne lui donniez pas votre onction morale en oubliant les trois quarts de la Planète qui ne rentrent pas dans ce cadre ultra-libéral, Madagascar aurait une chance de sortir de ses griffes.

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