Crise politique : Les efforts économiques des dernières années compromis



Jacaranda
Le commerce, les services et les transports font partie des secteurs qui ont boosté l’économie, mais la crise risque de freiner la relance.

Si elle persiste dans le temps, la crise politique actuelle va compromettre les acquis économiques de ces dernières années. Et la reconstruction sera, une fois de plus très difficile.

Une semaine après la décision de la HCC la sortie de  crise politique, les politiciens malgaches n’ont pas encore trouvé un terrain d’entente. Aucun accord politique n’a été trouvé jusqu’ici et le gouvernement de consensus attendu ne pointe pas encore son nez. En somme, la crise politique a tendance à se prolonger.  Une crise qui, pourtant,  compromet de jour en jour les acquis de ces dernières années sur le plan de la croissance économique.

Positive. Dans sa dernière note de conjoncture économique par exemple, la Banque mondiale annonce une amorce de retour à la croissance. « La croissance économique actuelle de Madagascar reste toutefois supérieure à sa moyenne sur dix ans (jusqu’en 2016), période marquée par une crise politique (2009-13) et une hausse annuelle du PIB réel limitée à 2,7 %. Aujourd’hui, le principal moteur de cette croissance est le secteur tertiaire, avec le soutien des travaux publics et des activités connexes telles que le commerce, les services et le transport ». Et 2018 est considérée comme l’année d’une vraie reprise.  La même note de conjoncture économique parle d’ailleurs de  croissance économique positive. « Globalement, malgré ces difficultés, les prévisions tablent sur une croissance économique positive à moyen terme, qui pourrait atteindre 5,1 % du PIB en 2018, avant de s’établir, en moyenne, à 5,3 % sur 2019-2022. L’intensification des activités de travaux publics devrait largement y contribuer ». En fait, le régime actuel a voulu faire mieux que cette projection de la Banque mondiale, en tablant sur une prévision de croissance de 5,9 en 2019.

Blocage. Des efforts qui risquent cependant de tomber à l’eau si la crise politique actuelle persiste et traîne dans le temps, comme c’était le cas après le coup d’Etat de 2009. Ce qu’il ne faut, en effet pas oublier, c’est que, à part les intempéries, c’est surtout le blocage né des dissensions politiques qui freinent la croissance. Depuis le retour à l’ordre constitutionnel en 2014, la situation s’est améliorée, notamment en matière de gouvernance. La preuve, un dossier spécial de la note de conjoncture économique, consacré à l’environnement institutionnel, fait état de l’amélioration de la situation, constatée dans la dernière Évaluation des politiques et des institutions nationales (plus connue sous son acronyme anglais « CPIA ») de la Banque mondiale. « Selon les indicateurs de la Banque mondiale, la qualité des institutions malgaches ne cesse de progresser, surtout en matière de protection sociale et de gestion budgétaire, depuis le retour à l’ordre constitutionnel en 2014. La notation CPIA du pays est passée de 3,0 en 2013, lorsque les performances du pays étaient au plus bas, à 3,2 en 2016 ».

Mais la crise actuelle risque de tout compromettre. Les analystes affirment d’ailleurs que l’atteinte des prévisions de croissance dépend de la détermination des autorités à préserver la stabilité politique et à poursuivre les réformes importantes. Les protagonistes de la crise actuelle ont-ils conscience d’une telle réalité ? La question se pose.

R.Edmond.

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