Réflexion : Zafy, Rajaonarimampianina, la HCC et les militaires



Jacaranda

Au moment où l’on parle beaucoup de l’intervention des militaires par l’intermédiaire du ministre de la Défense, de celui de la Sécurité intérieure et du Secrétaire d’Etat à la Gendarmerie, il n’est pas inopportun de comparer l’attitude du professeur Albert Zafy victime d’une motion d’empêchement en 1996 et aujourd’hui Hery Rajaonarimampianina sanctionné par la Haute Cour Constitutionnelle pour violation de la Constitution. Il s’agit également de rappeler et de témoigner sur l’histoire récente de la Grande Ile.

Comme l’on sait en effet, après une motion de censure contre le Premier ministre Emmanuel Rakotovahiny, les premiers députés de la Troisième République ont voté une motion d’empêchement contre  le Professeur pour ne pas avoir promulgué à temps des textes de loi. Sur le plan politique, on peut dire que le fond est le même pour les deux chefs de l’Exécutif, c’est-à-dire de s’être basées sur un gouvernement minoritaire à l’Assemblée nationale en donnant le monopole à l’UNDD, parti politique fondé par les deux personnalités.

Il faut rappeler qu’après le vote de la motion de censure à Tsimbazaza, la Haute Cour Constitutionnelle de l’époque dirigée par l’ancien Premier ministre Norbert Ratsirahonana s’est empressée de valider  le vote. Le professeur a accepté le verdict alors que les chefs militaires venus le voir sans tam-tam  lui ont conseillé de refuser la situation et lui ont donné l’assurance de le défendre jusqu’au bout si nécessaire (Certains de ces chefs militaires sont encore en vie et peuvent confirmer ce que nous disons ici). Mais le grand démocrate a refusé, mais a seulement décidé de se soumettre à un nouveau suffrage universel où l’on a encore beaucoup à dire un de ces jours.

On sait ce qui ce passe actuellement  et même depuis 2015. La Haute Cour Constitutionnelle a traîné les pieds pour prendre une décision après avoir sorti un verdict digne d’un cours d’histoire des idées politiques après un vote en bonne et due forme par les députés il y a deux ans. Pourquoi ? La question se pose et se posera pour l’histoire, sans vouloir pour cela entrer dans des considérations régionales ou ethniques. Fautif et sommé de dissoudre son gouvernement, l’actuel Président cherche encore des manœuvres dilatoires en faisant intervenir l’armée publiquement pour prévenir la population de la mise en place d’une éventuelle situation d’exception. Comme si cela était facile à faire pour un chef de l’Etat en perte de crédibilité au niveau de la population et pour des forces de l’ordre dans la même situation. Une mesure d’exception nécessite une personnalité d’exception ; ce qui n’est vraiment pas le cas aujourd’hui quelle qu’en soit ce que dit la Constitution. Selon nous, il faut avancer pour arriver à une élection présidentielle qui seule départagera les concurrents ou les adversaires selon le cas. A charge pour celui qui sera élu d’engager effectivement les réformes nécessaires pour le progrès de la Nation.

Pr Henri Rasamoelina

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