Mise en place du gouvernement : La révision des lois électorales reléguée !



Jacaranda
Le nouveau PM, Christian Ntsay, doit constituer son gouvernement dans les meilleurs délais (Photo d’archives)

Sur la base d’un accord politique selon le président de la République, d’un consensus selon le Mapar, le fait est là : Madagascar a un nouveau Premier ministre, Ntsay Christian. Depuis sa nomination à la tête de la Primature – nonobstant quelques réactions négatives ou moins favorables à ce technicien – quelques partis politiques ont souligné entre autres, que toutes les conditions sont réunies pour tenir une élection présidentielle anticipée. Néanmoins, et il est loisible de le mettre en exergue que ce n’est pas tout à fait le cas, compte tenu des différents paramètres qu’il faut considérer. Le premier n’étant autre que les lois électorales promulguées mais trop bancales.

Atermoiements.Hier, nous avons contacté un député, membre du Mapar et faisant partie des 73 députés, pour connaître la suite du « tolona ». Il a avancé que « la prochaine étape n’est autre que la tenue des élections ». Dans cette hypothèse, et si nous voulons organiser des élections crédibles, transparentes et surtout acceptées par tous, il faudrait réviser ces lois électorales ; ce qui implique et nécessite, pour ce faire, une grande présence à la session ordinaire du Parlement. Mais le député de répondre : « nous n’allons pas revenir à l’Assemblée Nationale. Nous attendons de pied ferme la mise en place du gouvernement ». Effectivement, d’après la Haute Cour Constitutionnelle, le prochain gouvernement verra, avec la Ceni, la date à laquelle la présidentielle aura lieu. Avec un cadre légal amputé et des atermoiements autour de la mise en place de ce gouvernement, les élections s’éloignent, ou se rapprochent de la saison des pluies.

Consensus.Par ailleurs aussi, avons-nous interrogé un juriste sur la plausibilité d’un gouvernement neutre qui aura comme principale mission l’organisation de la présidentielle, et ce, nonobstant le fait que la Ceni soit l’unique structure habilitée à le faire. « Je suis sceptique parce que le nouveau Premier ministre n’a pas assez d’expérience politique pour éviter les manipulations et les pièges », a-t-il confié. De surcroît, des indiscrétions laissent entendre que Christian Ntsay est fermement soutenu par la Communauté Internationale. Dans la même foulée, le même député que nous avons cité a fait savoir que « tous les ministres proposés dans le prochain gouvernement seront sélectionnés sur la base toujours d’un consensus». Si l’on partage ces soucis – loin d’être anodins – tout porte à croire que finalement les élections à venir ne seront pas « totalement » neutres et acceptées par tous.

Aina Bovel

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