HCC : Machine à deux vitesses !



Jacaranda
Le juge constitutionnel a enclenché la vitesse supérieure pour réintégrer les ministres limogés mais pour les requêtes en déchéance, elle reste au point …mort.

Le juge constitutionnel a fait preuve de célérité en rendant son arrêt le 19 juin dernier, quatre jours seulement après la lettre de saisine en date du 14 juin du président de l’Assemblée nationale sur la demande de réintégration au sein de l’Hémicycle de Tsimbazaza de trois ministres limogés.

En revanche, la HCC ne déroge pas à la lenteur légendaire de la machine judiciaire en laissant le temps au temps par rapport aux requêtes en déchéance de députés « mpamadika palitao » déposées par le Mapar le 29 mai ; le Tim le 29 mai ; le VPM-MMM le 31 mai ; et le Parti Vert le 1er juin 2018. Force est de se demander si les trois requêtes contre les 20 députés caméléon ne risquent pas de devenir sans intérêt suite à l’arrêt de la HCC qui a, entre autres, remis en selle Ndahimananjara Johanita. Laquelle n’a pratiquement pas siégé dans les travées de l’Hémicycle puisqu’elle avait toujours fait partie du gouvernement jusqu’à son récent limogeage.

Sans intérêt. La députée élue à Toamasina I au nom du Mapar, avait été remplacée par son suppléant, Rasolofo Samuelson Jean Baptiste. Or, ce dernier figure parmi les 13 « solombavambahoaka » qui ont troqué leurs écharpes Orange contre des « cravates bleues ». En décidant que « le mandat de député de Samuelson Jean Baptiste Rasolofo s’arrête à compter de la date du présent Arrêt », la HCC va certainement considérer que la requête en déchéance contre le député de Toamasina I n’a plus sa raison d’être ou est devenue sans intérêt ni objet. Il n’a pas été déchu mais forcément déçu d’avoir perdu son « seza ». Contrairement au premier suppléant d’Abdillah qui siégera prochainement à la place du défunt député de Vohémar suite à la lettre de saisine du président de la Chambre basse qui est arrivée à Ambohidahy mardi dernier.

Mapar « pirate ». Toutefois, on est en droit – au propre comme au figuré – de se poser des questionnements sur le sort de l’ex-ministre redevenu députée, Johanita Ndahimananjara qui était inféodée au  HVM du temps où elle était au gouvernement. Si elle ne réintègre pas le groupe parlementaire Mapar « original » mais rejoint le groupe Mapar « pirate », elle pourrait faire l’objet d’une autre requête aux fins de déchéance comme ce fut le cas pour son suppléant qu’elle vient de supplanter à sept mois de la fin de la première législature de la Quatrième République. A l’instar des deux autres ministres limogés qui ont récupéré leurs « seza » à Tsimbazaza, la députée de Toamasina I compte sans doute briguer un nouveau mandat lors de la seconde législature. Reste à savoir sous quelle couleur car elle avait été successivement AVI puis Mapar avant de nager dans le …bleu.

R. O

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