Hackaton : « L’application électorale n’est pas un logiciel de gestion électorale ! », précise Hope Madagascar



Jacaranda
« Smart Gets », le groupe gagnant, avec les membres du jury. Les cinq premiers ont reçu des lots de la part des partenaires. (Photo : Hope Madagascar)

Hackaton ou le marathon du Hacking pour faire simple, organisé par l’association Hope Madagascar (Hetsika Olom-Pirenena Entanina) a porté ses fruits. En effet, le week-end dernier à l’ « American Center » Tanjombato, « Smart Gets » – le groupe gagnant – a réussi à produire l’application électorale, indispensable aux citoyens.

Contrairement à ce que pensent certains observateurs de la vie publique, l’application électorale, produite à l’issue du concours Hackaton – organisé par l’association Hope les 28 et 29 juillet dernier  est loin d’être un logiciel de gestion électorale qui est, généralement, un moyen de faciliter les fraudes électorales. L’application électorale par Hope est une application produite par des jeunes engagés, étudiants en informatique pour la plupart et dont l’objectif principal est d’exhorter les jeunes en question à participer au processus électoral de Madagascar. A titre de rappel, un accord de partenariat entre la Ceni  et Hope Madagascar a été signé le 29 juin dernier à Nanisana pour ce faire.

Concours. A cet effet, les 28 et 29 juillet dernier , le développement et la production de l’application a eu lieu à l’ « American Center » Tanjombato. D’après les explications fournies par Williamson Razafindrano, le président de « Hope Madagascar », près de 90 participants de tous bords ont participé au concours Hackaton, lesquels ont été répartis en 18 groupes de trois à cinq personnes. La journée du 28 a été dédiée au développement de l’application. Chacun des 18 groupes était soumis aux règles de technicité, de design et d’ergonomie, de respect des cahiers des charges et surtout d’innovation et d’inventivité. Le 29 juillet, les 18 groupes présentaient leur rendu devant un jury de techniciens, dans un premier temps,  pour juger la technicité des projets, puis, devant un jury de partenaires de Hope Madagascar (la Ceni, l’Ambassade des Etats-Unis, les Nations unies, la Ceni, le Samifin, le centre européen d’appui électoral ou Eces, le Bianco, la société Bocasay, et bien sûr Hope Madagascar) qui a jugé les autres critères susmentionnés, dans un second temps.

Fin Août. A l’issue du concours Hackaton, le jury a choisi le groupe gagnant. Il s’agit de « Smart Gets », un groupe d’étudiants en Master II en Informatique au sein d’une université privée à Fianarantsoa. Selon les explications de Williamson Razafindrano, « l’application développée par Smart Gets permet de voir en un clin d’œil la cartographie électorale, l’inscription ou non sur le registre électoral, des vidéos de sensibilisation électorale, tous les textes électoraux sous forme de diaporama lesquels sont téléchargeables. Elle facilite également les échanges d’informations entre les citoyens sur un forum, ou à travers des tchats, mais toujours dans le cadre électoral ». Mais ce qui est le plus important dans cette application, c’est que « n’importe quel utilisateur de smartphone peut diffuser des vidéos directs en streaming où qu’il soit dans tout Madagascar. Il peut faire vivre directement l’ambiance électorale comme la participation électorale lors du scrutin, le décompte des voix, etc. », a toujours soutenu Williamson Razafindrano. Cette application conçue par « Smart Gets » sera finalisée par « Hope Madagascar » et ses partenaires, et devrait être opérationnelle (donc mise en ligne, téléchargeable et nommée) vers la fin de ce mois.

Informations. A titre de rappel, cette application vise surtout à regrouper en un seul support (smartphones ou ordinateurs) toutes les informations relatives aux élections, que les citoyens sont en droit de savoir. Mais ce n’est pas tout. C’est un outil qui permettra aux jeunes de prendre en main, de connaître au préalable les actualités électorales et de s’engager concrètement au processus électoral, en tant qu’observateurs, en tant qu’acteurs. Sur ce point, nous ne sommes pas sans savoir que les jeunes participent moins au processus électoral, bien qu’ils constituent 41,48% des électeurs, suivant l’arrêtage définitif de la liste électorale au 15 avril dernier. C’est dans ce cadre que l’application trouve toute son essence. Car outre les informations suscitées, les citoyens peuvent également connaître celles relatives aux candidats (les partis desquels ils sont issus, leur programme, leur projet de société, leur parcours et la liste est loin d’être exhaustive). Mais qui vont donc donner ces informations ? Williamson Razafindrano répond : « Pour l’ensemble du projet, ce sont les partenaires qui vont fournir toutes les informations nécessaires. La cartographie électorale sera, entre autres, fournie par les Nations unies, la liste électorale par la Ceni et pour ce qui est des candidats, ce sont eux-mêmes qui vont les donner ». Et quid des citoyens ? « Aucun jugement d’informations n’aura lieu. Ce sont les partenaires qui vont vérifier l’authenticité des informations qu’ils publieront. Pour les citoyens, ils peuvent également réagir sur le forum (ndlr : décrit infra), diffuser des vidéos en direct ou remplir un formulaire de requête déjà disponible dans l’application et l’envoyer aux institutions ou personnalités concernées avec les pièces jointes y afférentes », poursuit-il. Notons que cette application sera valable pour toutes les élections ; seules les données changent ou évoluent.

Recueillis par Aina Bovel

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