ANRCM : La Ceni va assurer provisoirement son rôle



Jacaranda
Comment la Ceni va-t-elle assurer ce rôle d’autorité de régulation de la communication médiatisée. (Photo d’archives)

Après la mise en place par décret pris en conseil des ministres de la commission de contrôle du financement de la vie publique, une autre structure n’est pas encore mise sur pied. Il s’agit de l’Autorité Nationale de Régulation de la Communication Médiatisée (ANRCM) prévue par les articles 51 à 53 de la loi n°2016-029 portant code de la communication médiatisée et laquelle, d’une manière générale, assure une énorme responsabilité lors de cette élection anticipée. D’une manière générale, l’ANRCM – comme son nom l’indique – régule les activités de communication médiatisée. Mais compte tenu du fait qu’elle n’existe que sur du papier, depuis près de deux ans après la mise en vigueur dudit code de la communication, l’article 240 de la loi n°2018-008 portant régime général des élections et des référendums autorise la Ceni (Commission Electorale Nationale Indépendante) à « exercer la plénitude des attributions qui sont conférées à toute Autorité de régulation ». C’est donc la Ceni qui va assurer ce rôle qui incombe à l’ANRCM.

Matrices. Joint au téléphone hier sur ce sujet, Gérard Rakotonirina, le président de l’Ordre des Journalistes de Madagascar (OJM) a indiqué que « la Ceni a demandé à l’OJM de proposer une liste de trois journalistes non pas pour devenir membres de cette ANRCM qui sera assurée provisoirement par la Ceni, mais pour élaborer des matrices nécessaires à cette structure ». Et lui d’ajouter que « cette recommandation de la Ceni a été effectuée à travers une missive en date du 9 juillet dernier ». Que l’on veuille ou non, il y a un retard loin d’être anodin au niveau de la mise en place ou de l’effectivité de cette autorité de régulation. En effet, les communications actuelles (c’est-à-dire avant l’ouverture de la campagne électorale) sont marquées par des invectives lancées entre les candidats officiels et les potentiels ou des gesticulations diverses tendant, médiatiquement, à faire un clin d’œil à la population. Nous remarquons également que les publi-reportages ont déjà commencé sur les médias (toutes catégories confondues) et que seuls ceux qui sont financièrement puissants peuvent travailler leur communication, leur image. Une fois de plus, et force est de le reconnaître, la Ceni en tant que commission électorale et/ou ANRCM, ne saura qu’afficher une certaine fragilité (pour ne pas écrire un déficit) par rapport au non-respect des textes électoraux et leurs corollaires, et aussi par des vides juridiques intentionnels, des compétences d’attributions délibérément limitées par le législateur. De surcroît, d’après l’article 51 du code de la communication, les missions qui incombent à l’ANRCM sont loin d’être une mince affaire. A suivre.

Aina Bovel

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