Hery Rajaonarimampianina : Soit un candidat, soit un président de la République !



Jacaranda
Hery Rajaonarimampianina, à la recherche d’un nouveau mandat, d’une nouvelle équipe et…de nouvelles bonnes pratiques politiques. (Photo d’archives)

Si Hery Rajaonarimampianina veut revivre entièrement son expérience de candidat à la présidentielle, il devra  cesser d’utiliser les médias publics et les inaugurations officielles à des fins électoralistes.

A qui profite le…vide juridique sur la précampagne, surtout quand on est le Président de la République et que l’on est à la recherche d’un second mandat ? Sur cinq ans de législature, nonobstant les cris d’alarme de la société civile, les parlementaires n’ont jamais eu la bonne volonté de rédiger une proposition de loi relative à la précampagne laquelle, pourtant, n’est pas mauvaise en soi mais doit être réglementée pour éviter les abus et les infractions y afférentes.

Et puisque nous parlons d’abus, nous ne sommes pas sans savoir que le premier concerné n’est autre que le chef de l’Etat actuel, Hery Rajaonarimampianina, et qui est également candidat à sa propre succession. Abus dans la mesure où il porte ses habits de président de la République, fait le tour de Madagascar pour effectuer des séries d’inaugurations et utilise les médias publics et, donc, les deniers publics à cet effet. Une très mauvaise pratique qui engendre une sorte de confusion de rôles ou de personnages émanant de Hery Rajaonarimampianina.

Démission. Imbiki Herilaza, un juriste de renom, a donné son avis par rapport à ce sujet, sur une station radio privée, hier. « Dès que Hery Rajaonarimampianina avait  déclaré officiellement sa candidature, déposé son dossier à la Haute Cour Constitutionnelle, il devait démissionner de son poste de président de la République. Quand on est président de la République et est candidat à la prochaine élection, l’utilisation des différentes inaugurations à cette fin doit impérativement cesser », explique-t-il. Et pourtant, par manque d’éthique ou par poursuite des mauvaises pratiques politiques de toujours, Hery Rajaonarimampianina enchaîne le tour de Madagascar avec des petites inaugurations prévues exclusivement à des fins purement électoralistes.  Et ce, sans citer les « éventuels » ou « probables » deniers publics utilisés qui n’ont fait, jusqu’ici, l’objet d’aucun contrôle.

« Fisandratana ». Mais ce n’est pas tout. Nous ne sommes pas sans savoir que depuis le 25 janvier dernier, le « Fisandratana » est devenu le mot fétiche du chef de l’Etat. Il en parle à des militaires, à des fonctionnaires, à des autorités locales, à des étudiants, aux bailleurs, et la liste est loin d’être exhaustive. Et pourtant, le « Fisandratana 2030 » n’est autre que sa vision à lui. « C’est un programme politique qu’il véhicule en tant que Président de la République et son leitmotiv en symbiose avec une finalité électorale. Il abuse de son statut de président pour véhiculer cette vision », a souligné Imbiki Herilaza. D’où la confusion soulignée supra. Mais ce n’est pas tout et ce qui est inéquitable, c’est le fait qu’il la transmet  sur et à travers les médias publics lesquels sont les seuls à avoir une couverture nationale.

Troubles. Toutes ces péripéties ne sont autres que les conséquences des lois électorales imparfaites, incomplètes, bancales et  ambiguës ; un « soi-disant » ou un semblant de code électoral qui ne regroupe même pas les lois et règlements relatifs aux élections. « Il incombe à la Hcc et à la Ceni de tirer la sonnette d’alarme, d’agir par rapport à cela. En ce qui concerne particulièrement la Hcc, c’est le droit électoral qu’elle va appliquer durant cette élection. Nous avons toujours soutenu qu’il faut un nouvel examen des lois électorales au niveau de l’Assemblée  nationale mais personne n’a voulu écouter. Aujourd’hui, nous déclarons que si la Hcc conduit ce processus électoral comme elle a conduit les autres affaires dans le passé, nous pouvons être sûrs que les troubles vont refaire surface », prévient Imbiki  Herilaza.

Aina Bovel

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3 Comments - Write a Comment

  1. Bien dit ! Mais il est trop tard maintenant pour corriger la législation des lois électorales ( dont le plafonnement des frais de campagne) ; de toutes façons c’était fait exprès, ces lacunes, car le code électoral a été préparé sous Hery Rajaonarimampianina ……Malin le Monsieur !

  2. · Edit

    Ny olana am ty « constitution » ty dia samy mandika azy am saim-patany ny tsirairay,ary tsy hifanomezan-tsiny fa arak2 ny solomaso hanaovanao.Raha mainty ohatra,dia mainty daholo izay jerena,raha fotsy dia taka izay koa….

  3. Mr Imbiki Herilaza,
    Enfin une personne qui a du bon sens…
    Les politiciens pensent que tous les simples Malagasy sont des cons qui ne peuvent pas comprendre le magouilles faites perpétuellement par eux.

    Samy hotsarain’ny tantara e.
    Izay ratsy dia mbola hiharatsy hatrany…

    Mais tôt ou tard il faut payer. C’est une loi universelle. Personne ne peut y échapper.

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