Justice populaire : 152 morts en deux ans  

Jacaranda
Rapport du bureau du Haut-commissariat aux Droits de l’Homme sur « Les Droits de l’Homme et la Pratique de la Justice Populaire à Madagascar.

Dans le cadre de la célébration du 70e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH) a présenté, hier, un rapport sur les droits de l’homme et la pratique de la justice populaire à Madagascar.

Une pratique qui constitue une forme de justice privée illégitime en négation avec les principes et standards de l’État de Droit et des droits de l’homme. Ce rapport fait état de 108 cas de justice populaire ou vindicte populaire, c’est selon, engendrant 152 morts et 61 blessés.  Le choix de la thématique a été dicté par les proportions inquiétantes prises par la pratique dans le pays ces dernières années, et l’engagement du Système des Nations unies, dans le cadre du Projet « Consolidation de la paix », à appuyer le processus de la Réforme du Secteur de la Sécurité initié par le Gouvernement malagasy. Les violations des droits humains par le biais des actes de justice populaire sont en effet devenues courantes, banalisées et bien souvent impunies.

Démarche. Le rapport résulte d’une étude menée au niveau du pays par le HCDH, entre juillet 2016 et août 2018, et selon une démarche englobant observation, documentation et enquête. Il s’intéresse à l’identité des victimes ainsi qu’aux zones touchées par le phénomène, au modus operandi des auteurs, aux causes et conséquences du phénomène et à l’attitude des autorités vis-à-vis des actes de justice populaire. Ce rapport fait état de 108 cas de justice populaire, engendrant 152 morts et 61 blessés. Si la plupart des victimes sont constituées par des présumés criminels, y compris des femmes au nombre de quatre et deux enfants, les éléments des forces de l’ordre trois ne sont pas épargnés.

Plusieurs facteurs. Le rapport établit que la justice populaire est un phénomène multidimensionnel issu de la combinaison de plusieurs facteurs. Il y a tout d’abord la faiblesse de l’autorité de l’Etat et la fragilié économique engendrées par la longue crise socio- politique (de 2009 à 2013), et affectant ainsi les capacités d’action du système judiciaire et sécuritaire. En outre, le rapport explique comment la pratique de la justice populaire porte atteinte aux droits de l’homme notamment le droit à la vie, l’interdiction de la torture, le droit à un procès équitable, ainsi que le principe de présomption d’innocence. Le rapport fait également état des mesures prises par les autorités nationales, notamment le ministère de la Justice, ainsi que les partenaires nationaux et internationaux pour combattre la pratique de la justice populaire à Madagascar.

Constituant un outil essentiel pour renforcer la prévention et la lutte contre la justice populaire, le rapport fournit une série de recommandations adressées aux autorités nationales, à la société civile et à la communauté internationale.

Dominique R.

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3 Comments - Write a Comment

  1. Na inona na inona antony, ny azo ambara dia vokatry ny ohatra ratsy navelan’ny krizy 2009 ny tranga ankehitriny!!!!!! Aoka ihany koa anefa tsy adino fa zava-doza mahakasika ny tsirairay ny fijerena fotsiny azy io handeha @ izao satria tsy misy na dia iray aza afa-bela @ mety ho tondro-molotra fotsiny dia vita ny aminy!

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    Cela est due à la faiblesse de l’autorité de l’Etat

  3. · Edit

    Cela est à la faiblesse de l’autorité de l’Etat.

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