Propagande : Rappel à l’ordre par la CENI et le PM



Jacaranda
La TVM et la RNM auraient fait l’objet de pression.

Quatre jours à peine après le coup d’envoi officiel de la campagne, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et le chef du gouvernement lancent tour à tour un rappel à l’ordre.

On peut dire que c’est une sorte d’injonction de la part de la CENI à l’endroit des candidats et de leurs propagandistes respectifs, ainsi qu’aux médias tant publics que privés. Et ce, afin de se conformer aux dispositions de la loi organique relative au régime général des élections et des référendums qui prévoit en son article 57, les principes fondamentaux régissant la campagne électorale. Entre autres et non des moindres, « l’impartialité du service public de la communication audiovisuelle assurée par les services de radiodiffusion et de télévision publics ».

Cellule de veille. La CENI supplée effectivement au vide provoqué par l’absence de l’Autorité Nationale de Régulation de la Communication Médiatisée (ANRCM)  dans la supervision des émissions entrant dans le cadre de la propagande sur la TVM et la RNM. Pour ne parler que des deux tranches d’émission diffusées le matin et en milieu de journée sur les deux chaînes publiques. A raison de trois minutes par candidat sur la TVM et 30 secondes de plus sur la RNM. Il y a une cellule de veille composée de représentants de la CENI, de la TVM et la RNM, et du ministère de la Communication et des Relations avec les Institutions.

Vérification. Les CD et autres supports sont visionnés 48 heures avant leur diffusion aux fins de vérification aussi bien technique que par rapport au contenu. Il s’agit dans ce dernier cas de vérifier leur conformité aux principes fondamentaux en question dont « le respect de l’unité nationale et de l’esprit du Fihavanana malagasy ; l’équité et l’égalité des chances entre tous les candidats ; le respect de l’intégrité physique, de l’honneur de la dignité des candidats et des électeurs ; le respect de l’intégrité de la vie privée et des données personnelles des candidats ; la non-incitation à la haine et à la discrimination ; la préservation de l’ordre public ».

Liberté d’expression. Le Premier ministre a aussi tenu à rappeler hier la nécessité de respecter impérativement les dispositions de l’article 57 du code électoral. « Tous les candidats doivent éviter toute forme de provocation et d’incitation à la haine afin de préserver l’ordre public », a-t-il ordonné. Et d’enjoindre dans la foulée les représentants de l’Etat, dépositaires de l’autorité publique dans leurs ressorts respectifs, à faire preuve de neutralité et d’impartialité, et à garantir la liberté d’expression de tous les candidats sans distinction, afin de prévenir d’éventuels « korontana ».

Pression. Pour en revenir à la TVM et la RNM, les débats prévus les samedis et dimanches commenceront le 14 octobre. De 17h à 19 h. Chaque débat mettra face-à-face 6 candidats tirés au sort.  En somme, il y aura 6 débats qui seront diffusés simultanément sur les deux chaînes nationales. Lesquelles auraient fait récemment l’objet de pression de la part d’un haut cadre du ministère de tutelle dans le but de favoriser un candidat. Une démarche contraire à l’impartialité qui se serait heurtée à la réticence, voire à une fin de non-recevoir de la part de bon nombre de responsables et journalistes de la TVM et la RNM qui ne sont pas tous des… bleus dans le métier.

R. O

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