Victoire au 1er tour si…

Commençons par l’histoire des élections à deux tours. La première fut celle de 1993. Elle vit la défaite du président de la République sortant Didier Ratsiraka face à Albert Zafy. Un vrai signal de la démocratie en Afrique. La deuxième fut celle de 1996. Elle a vu l’affrontement de deux simples citoyens, la victoire cette fois de Didier Ratsiraka sur Albert Zafy. Mais il est vrai, ils étaient deux anciens présidents. L’espoir d’une démocratie renforcée était permis.

Malheureusement, Marc Ravalomanana s’auto-proclama vainqueur dès le premier tour en 2001 et 2007. Les statistiques aujourd’hui affirment que ce n’était pas possible (lire Mireille Razafindrakoto et al., etc.). En 2006, Marc Ravalomanana avait décapité l’opposition en mettant les partisans de Ratsiraka soit en prison, soit en exil. Le premier NOTAM datait de 2006, à l’encontre du candidat déclaré Pierrot Rajaonarivelo. Marc Ravalomanana avait quand même une dizaine de candidats contre lui, mais après la coupure de courant au bâtiment Patte d’éléphant, il fut vainqueur dès le premier tour…

C’est à partir de là, faute de confiance aux administrateurs civils, que le régime HAT a eu l’idée d’enlever au ministère de l’Intérieur la mission d’organiser les élections. Et les administrateurs civils n’étaient pas contre… Ils sont mêmes dans les Commissions nationales indépendantes pour les élections…

En 2013, il y eut un deuxième tour. Il a vu la victoire de Hery Rajaonarimampianina sur Jean-Louis Robinson.

Cette fois-ci, en 2018, de prime abord, une victoire au premier tour est impossible avec 36 candidats. Mais à bien regarder le déroulement des choses, il est tout de même possible d’envisager une victoire dès le premier tour. Et les conséquences ne devraient en principe pas être dangereuses puisque ce sera dans la légalité.

Si de manière cumulative les 20 à 26 candidats appellent à voter « blanc », « nul » ou au boycott, les citoyens font tous un vote « utile », c’est-à-dire qu’ils votent pour le candidat qu’ils croient pouvoir être au second tour et non pas pour le candidat qu’ils veulent vraiment. Les citoyens choisissent par défaut, faute de n’avoir pas préparé un candidat ou un parti depuis 2014, alors seuls les partisans des considérés comme « grands » candidats se déplaceront. Une victoire de l’un d’entre eux dès le premier tour est donc possible.

Un cas récent l’illustre. Lalao Ravalomanana a été élue maire d’Antananarivo avec 55% des voix. Mais seulement avec 15% des votants. Seuls ses militants ont voté puisque 70% des électeurs ont boycotté et que les suffrages « nuls » et blancs » étaient considérables. Bien entendu, les municipales sont gagnées avec une majorité relative, à la différence des présidentielles.

En principe, il n’y a aucun problème pour une victoire au premier tour. En réalité, il est envisageable que l’autorité de l’élu soit moindre dans les endroits où les taux d’abstention, de vote blanc et nul sont élevés.

La question est maintenant la suivante  : « Pourquoi un taux d’abstention et de vote nul et blanc élevé est possible » ? Parce que les citoyens qui voteront nul ou blanc, ou qui feront du boycott, ont su cinq années à l’avance qu’il y aurait des élections en 2018 mais ne s’y sont pas préparés. Ils n’ont adhéré à aucun parti, n’en ont pas créé, ne se sont pas opposés aux gouvernements HVM-MAPAR-TIM successifs et se retrouvent surpris à devoir voter encore pour l’un de ces trois partis. Ces citoyens à vote blanc/nuls ou abstentionnistes n’ont pas su se donner d’alternatives. Prépareront-ils les législatives dans sept mois ou snoberont-ils encore la politique? Nul ne le sait.

Pour les citoyens qui vont voter, ils peuvent se poser quelques questions : suis-je membre du parti pour lequel je vais voter ? Ai-je cotisé à ce parti ? Ai-je financé les spectacles ou suis-je venu gratuitement ? Ai-je acheté le tee-shirt à l’effigie de mon candidat ou me l’a-t-on juste offert ? Ai-je participé à l’élaboration du projet du candidat, s’il en a un, ou a-t-il été fait par des experts (étrangers ou nationaux) ?

Les réponses semblent aporétiques.

Toavina Ralambomahay

Suivez-nous aussi sur Facebook

Partager cette publication

4 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Toavina ralambomahay ,,, hahaha voavidi-vola , c’est sûr , sady partisan ,,, c’est dûr , journaliste , j’en suis moins sûr , t’es pas le fils de papy zannot !!!!!

  2. Aza manofy atoandro e. Raha ny gesta dia voalohany i leiry, fa raha ny fahaizana 0.

  3. le candidat andry rajoelina est classé favori pour cette élection, si on prend en référence la réussite grandiose pendant la campagne électorale, andry rajoelina a beaucoup de chance pour remporter en premier tour cette election.

  4. Bien comme on dit tout est possible ! Et vue les résultats de ce que on voit on connait déjà le résultat! Avec 36 Candidats Il n’y en reste que 14 puisque les 22 c’est sur que seul leurs famille vont voter pour eux si ils voteront bien-sur! Les 22 candidats est considérer comme des candidat disqualifié ! ils ne font pas de la pro !

Poster un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.