Campagne électorale : « On est dans la corruption des électeurs, on achète leurs voix », constate Lova Rabary

Une fois de plus, le plafonnement des dépenses et des recettes de campagne (ou de précampagne) est exigé. Cette fois, cette recommandation émane de Lova Rabary Rakotondravony, journaliste. Hier, elle a présenté au Tamboho Ambodivona les résultats de ses recherches sur « les campagnes et pré-campagnes électorales à Madagascar : de mauvaises pratiques en pratiques malsaines. Contribution à une amélioration des pratiques politiques dans la Grande Ile ».

En effet, nous ne sommes pas sans savoir que nombreux observateurs, citoyens attendent des débats d’idées, des débats de fond aient lieu entre les candidats, et que les meetings soient véritablement l’occasion pour les citoyens (indécis) de choisir le meilleur projet de société à réaliser pour les cinq années à venir. Mais, ce qui se passe actuellement en est autrement. Pour Lova Rabary, « l’idée de la campagne étant d’éclairer le choix des électeurs, de les convaincre à voter pour tel ou tel candidat parce que celui-ci propose une vision, un programme bien ficelé, bien budgétisé ». Mais ce n’est pas tout. « Pendant la campagne, l’idée est aussi de montrer aux électeurs les qualités humaines d’un candidat : sa posture, son attitude, son leadership. Et tout cela se fait à travers les meetings, les débats publics, les brochures, les reportages dans les médias, les affiches », poursuit-elle. La liste est loin d’être exhaustive mais en tout cas, force est de reconnaître que les citoyens ne « voient » jusqu’ici que la personnalité de leur candidat, pérennisant le « culte de la personnalité ». Grâce ou à cause de (c’est selon) de la communication, peut-être.

Corruption des électeurs.Facebook, Instagram, Twitter, les médias traditionnels sont les principaux outils des candidats pour effectuer leur communication. Effectivement, cette dernière revêt un caractère essentiel durant la propagande pour permettre une meilleure inculcation des idéaux, de la vision de tel ou tel candidat chez les électeurs. Le candidat transmet son message sur Facebook (qu’est le plus utilisé par l’ensemble de la population malagasy) et les abonnés le reçoivent voire le partagent. De là, naissent les débats d’idées sur son projet. En principe, c’est ce qui doit être. Mais actuellement, « la communication prend le  pas sur les idées » selon Lova Rabary, dans la mesure où « beaucoup de candidats prennent davantage soin de leur communication et en oublient les idées, et certaines pratiques biaisent l’élection parce qu’elles occultent les débats et les idées : d’une part, les candidats ne vont plus en profondeur dans les explications de leur programme, de leurs idées ; et d’autre part, les électeurs ne peuvent pas poser les vraies questions, celles qui leur permettent de comprendre les enjeux de ce que les candidats proposent ». Le constat de Lova Rabary est même alarmant : « aujourd’hui, on est dans la corruption des électeurs, on achète leurs voix ».

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2 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Elle a une drole d analyse Mme (ou Mr) Lova Rabary !
    Parler pour ne rien dire…
    A moins qu elle (il) parle des candidats anti election du 7 novembre ?
    Parce que les candidats serieux qui ont commence leur propagande au moment du top depart font exactement le contraire de ce qu elle (il) pretend !
    Ou bien c est moi qui ne comprends rien a l article ?

  2. Je ne voie pas une autre aspect de la campagne électorale car apriori c’est comme ça, tout le monde fait son mieux et par n’importe quel moyens pour se prétendre être un gagnant.

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