OIM : Madagascar risque de subir la politique migratoire des autres pays

« A Madagascar, le thème migratoire a été abordé tardivement, y compris l’ambition d’une politique migratoire et les politiques sectorielles », indique Daniel Silva y Poveda, le chef du bureau de l’Organisation Internationale pour les Migrations à Madagascar.

«Si Madagascar ne développe pas de politique migratoire, il va subir les effets des politiques migratoires des autres Etats ; ce qui n’est pas forcément des effets désirés ». Ce sont les propos du représentant de l’OIM (Organisation Internationale pour les Migrations) à Madagascar, Daniel Silva y Poveda, hier, lors d’une entrevue que nous avons eue avec lui à Andraharo. Une manière pour lui de souligner la nécessité d’une politique migratoire pour Madagascar qui, pour reprendre ses termes, « fait partie du système monde ». Effectivement, chaque Etat n’est nullement contraint d’en avoir une, mais à côté, le fait d’avoir des migrations régulières et harmonieuses est positif pour le pays.

Gestion des migrations. Justement, par rapport à ce point, Daniel Silva y Poveda, estime qu’il est plus que loisible de « gérer les migrations pour qu’elles puissent correspondre aux besoins du pays et pour que l’Etat puisse en tirer profit ». Le but est « d’éviter de subir les migrations ». Cela nécessite, bien évidemment, des cadres normatifs solides. Mais ce n’est pas tout. La gestion des migrations requiert, par ailleurs, « une démarche proactive en vue d’assurer que le contrôle des migrations et que la mobilité humaine se fassent en bon ordre,  de manière ordonnée et régulière, et non chaotique ou irrégulière », poursuit-il. Et c’est le principe de l’OIM. Cela revient, donc, au même : la nécessité d’une politique migratoire.

Sectoriels. Depuis son implantation à Madagascar, l’OIM travaille, spécialement, sur la lutte contre la traite des personnes, le contrôle des frontières, la migration de travail, la mobilisation de la diaspora malgache, et la mobilité interne. Et justement, Daniel Silva y Poveda a fait savoir que certes Madagascar n’a pas de politique migratoire générale, mais des politiques sectorielles ayant trait à ces domaines d’intervention de l’OIM existent, dans certains ministères. «Il est important que Madagascar puisse considérer l’opportunité de cette politique migratoire et commencer à réfléchir à la vision politique dont le pays veut se doter. La politique migratoire tend à mettre en cohérence la vision de l’Etat avec tous ces sujets, toutes ces politiques sectorielles. Et il faut une volonté politique», conclut-il. A suivre.

Recueillis par Aina Bovel

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