Campagne électorale : 498 candidats n’ont pas désigné leurs trésoriers de compte

Jacaranda

Moins de 50% des candidats aux élections législatives ont procédé à la désignation de leurs trésoriers de compte de campagne.

Et ce, à deux jours de la clôture de la campagne électorale et à quelques jours de la tenue du scrutin qui, rappelons-le, aura lieu ce lundi 27 mai. D’après les informations que nous avons obtenues auprès de la Ceni (Commission Electorale Nationale Indépendante), à la date du 17 mai dernier, sur les 810 candidats enregistrés, seuls 312 ont désigné leurs trésoriers de compte de campagne. Ce qui fait que 498 opèrent dans l’illégalité, sans daigner nommer les leurs, comme l’impose la loi sur le régime général des élections et des référendums.

« Obligation naturelle ». En effet, selon l’article 65 de cette loi 2018-008, « tout candidat ou liste de candidats à un mandat électif, (…) désigne un trésorier de compte de campagne après l’enregistrement de la candidature pour une élection (…) ». Ce qui fait, selon Thierry Rakotonarivo, vice-président de la Ceni, que les noms des trésoriers de compte de campagne devaient être connus depuis le 19 mars dernier. Dans un premier temps, et si nous tenons compte du temps du verbe qu’est au présent de l’indicatif, force est bien de constater qu’il ne s’agit guère d’une faculté. Dans un second temps, cela reste une obligation naturelle dans la mesure où cet article 65 ne comporte, ne prévoit aucune sanction dans le cas où tel ou tel candidat ne procèderait pas à la désignation de son trésorier de compte.

Des hors-la-loi. Et dire que si parmi ces candidats vont être élus à l’Assemblée nationale, ils élaboreront, voteront les lois, et par-dessus tout, représenteront les citoyens. Et pourtant, ils agissent à l’instar des hors-la-loi qui ne se soumettent guère ou refusent de se soumettre au droit positif. Avec ces faits, sommes-nous en droit d’attendre une législature digne ? Et quand viendra le moment où il faut aborder la question des avantages alloués à ces députés, nombreux seront ceux qui, éhontés, n’hésiteront pas à faire passer leurs intérêts personnels au détriment de l’intérêt général. Et ce, en ignorant l’austérité prônée par le régime actuel.

CCFVP. Que faire dans ce cas ? Selon Thierry Rakotonarivo, la Ceni n’a pas le pouvoir de sanction. Il en est de même pour la Commission de Contrôle du Financement de la Vie Politique (CCFVP) qui ne peut que dresser un rapport public y afférent et porter les affaires relatives aux blanchiments de capitaux ou infractions financières au niveau des juridictions compétentes. D’où viennent les ressources financières de ces candidats qui n’ont pas de trésorier de compte durant la campagne électorale ? Quelles sanctions à appliquer à leur endroit ? C’est le vice à Madagascar. Rédiger des lois et/ou règlements qui comportent plusieurs lacunes, et mettre en place des structures qui sont amputées des attributions les plus essentielles.

Aina Bovel

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