Baromètre mondial de la corruption : 83% des citoyens doutent de l’effectivité de la lutte

Jacaranda
Les efforts du gouvernement actuel dans la lutte contre la corruption feront l’objet d’autres enquêtes, selon TI-IM. (Photo : TI-IM)

La célébration de la Journée africaine de lutte contre la corruption a été effectuée, hier, au Motel Anosy, à travers la présentation du Baromètre mondial de la corruption (10ème édition), dont les résultats ont été basés sur des enquêtes réalisées par Afrobaromètre sur 47 000 citoyens dans 35 pays. Pour le cas de Madagascar, elles ont été menées entre le 20 janvier et le 3 mars 2018 ; ce qui signifie que les résultats ne concernent point le gouvernement et le régime actuels.

Légère hausse. Les résultats ont été présentés par les équipes de Transparency International Initiative Madagascar (TI-IM) et Coef Ressources. A l’issue des enquêtes, il a été révélé que par rapport à l’année 2015, il y a eu une légère hausse de la corruption à Madagascar. En effet, si le taux a été estimé à 73% en 2015, en 2019, ce taux est évalué à 76%. Au niveau des institutions en Afrique, la police demeure l’institution la plus pointée du doigt en matière de corruption selon 47% des sondés. Viennent ensuite les fonctionnaires (39%), les parlementaires (36%), les chefs d’entreprises (36%), la Présidence ou le cabinet du Premier ministre (34%). Pour le cas de Madagascar, 44% des interrogés considèrent la police comme étant la plus corrompue, 39% se tournent vers la magistrature, 33% vers la Présidence ou la Primature, 31% vers le Parlement.

59% et 83%. En ce qui concerne la lutte contre la corruption, dans toute l’Afrique, 59% des interrogés pensent que leur gouvernement ne lutte pas efficacement contre la corruption. A Madagascar, 83% l’estiment. A titre d’information, de toute l’Afrique, la République Démocratique du Congo est le pays champion en matière de corruption réelle avec 80%, suivie du Libéria avec 53%, et de la Sierra Leone avec 52%. Les meilleurs élèves, c’est-à-dire les pays où l’on enregistre le moins de corruption, ne sont autres que l’île Maurice avec 5%, le Botswana avec 7%, et le Cap Vert avec 8%.

Crainte des représailles. Pour ce qui est des résultats du 7ème Round de l’Afrobaromètre, 1 200 adultes malgaches, dans le milieu urbain et rural, ont été choisis comme échantillons, avec une marge d’erreur de plus ou moins 3%. Les résultats ne différant pas véritablement des résultats de ceux du Baromètre mondial de la corruption. En effet, 44 % des Malgaches pensent que les policiers et les gendarmes sont les plus englués dans des affaires de corruption. 39% trouvent que les juges et magistrats le sont. 34% pointent du doigt les membres du gouvernement ; 33% pensent au président et aux fonctionnaires de la Présidence ; et 31% aux parlementaires. Quid du Bianco (Bureau Indépendant Anticorruption) ? Coef Ressources avance que « 87% des Malgaches jugent qu’il est ‘quelque peu probable/très probable’ de faire réagir le Bianco s’ils signalent un acte de corruption ». Et dans cette même optique, 70% des interrogés affirment que « les citoyens ordinaires signalant des actes de corruption risquent des représailles ou d’autres conséquences négatives s’ils en parlent ». D’après les informations partagées, le Baromètre mondial de la corruption est l’enquête la plus vaste sur l’opinion que les citoyens ont de la corruption, et sur leurs expériences liées à la pratique des pots-de-vin, mise en œuvre par Transparency International à dix reprises depuis 2003, et dans plus d’une centaine de pays. Il complémente l’Indice de Perception de la Corruption (IPC).

Aina Bovel

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2 Comments - Write a Comment

  1. S uivant les articles 2 et 3 du Décret N° 2004-937 du 05 Octobre 2004, le BIANCO, doté d’une indépendance et d’une autonomie opérationnelle et de gestion, est chargé de conduire la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Lutte Contre la Corruption, notamment :-La mise en application de la législation anti-corruption ;-La prévention par l’élimination des opportunités de corruption dans le fonctionnement des systèmes du secteur public et privé. L’éducation des citoyens sur les effets néfastes engendrés par la corruption et l’incitation de la communauté à lutter contre la corruption.

  2. Sur la base des rapports d’activités du BIANCO, la lutte anti-corruption doit être renforcée et priorisée dans ces secteurs. Le standard de service public adopté par le Gouvernement devra être mis en œuvre et appliqué, à tous les niveaux de l’Administration.

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