Chronique de Mickey : Caviar et kere, le clair-obscur du tableau de Madagascar

Est-ce faire preuve de cynisme, de mauvaise  foi et d’absence d’humanité d’accoler le  mot  caviar et avec  le terme kere. Le premier est synonyme de gastronomie de luxe, d’opulence  tandis que le second s’illustre par  la désolation de la misère avec des enfants au ventre proéminent  et  affamé et de bétail laissé pour mort faute de nourriture et d’eau ? Un brin de cynisme peut-être mais une forêt de réalisme est nécessaire  pour tenter d’expliquer le pourquoi de ces  deux phénomènes aux antipodes l’un de l’autre. Le caviar, mets  de luxe vendu à 1 euro soit 4000 ar le gramme, est déjà produit à Madagascar  et il n’est pas question, ici, de fustiger les promoteurs. Loin de là, leur projet est même louable car dans ce contexte de sinistrose  où nous vivons, ce qu’ils ont fait est comparable à élever des «  saumons dans le désert ». Créer une entreprise de 300 personnes en quelques années et arriver à vendre déjà 1 tonne de caviar n’est pas donné à tout le monde  et tout le bien qu’on leur souhaite est de se développer davantage malgré les embûches qu’ils auront sûrement devant eux, d’une part.

Dans un tableau pour mettre en valeurs les objets, il y  a  ce qu’on appelle les clairs-obscurs et l’ombre  qui prédomine dans la présentation de Madagascar , est  cette pauvreté   sur laquelle    le monde entier  nous juge.

Le  kere est  devenu malheureusement pour  le Sud  un  problème récurrent, il est devenu si banal que nous nous en accommodons, tous les ans c’est du pareil au même comme on dit. Il faut que des journalistes étrangers  viennent sonner l’alarme de temps en temps  et nous secouer   de notre torpeur, malgré ce qu’on dit, ce qu’on fait,  la plaie perdure. Pourquoi ? Et si c’était la faute de tout le monde? le Pouvoir  Central  d’abord  parce que le Sud  n’est pas d’une part un  grand obstacle politique et que d’autre part en s’appuyant sur les bailleurs de fonds, il pense que le problème ne relève pas de sa seule responsabilité ; les soi-disant édiles ,politiques plus enclins  à rester dans la capitale et ne se révèle que pour jouer les oiseaux de mauvaise augure pour ébranler  ainsi le pouvoir central , mais en fait , ils le font pour mieux garder  leurs assises politiques ; les populations locales , normalement ils devraient être les bénéficiaires  des projets de développement mais malheureusement ils sont pris dans l’engrenage  d’un système d’assistance perpétuelle. Ils n’attendent que les réunions , ateliers et autres concertations  pour tendre la main . Combien de fois les intervenants des grands projets se plaignent de n’avoir personne dans les séances de formation et que les paysans disent :”Combien vous nous donnez d’abord?” car ils savent qu’il y a des mannes financières quelque part et veulent  aussi leur part. Et les partenaires techniques et financiers? Combien y a-t-il eu de grands ou petits projets qu’ils ont financés dans le Sud et pourtant les problèmes restent les mêmes, à croire que plus on échoue ,mieux c’est, puisque on montera le même après.

Si Ferdinand de Lesseps  était là pour nous faire creuser des canaux, le tableau  serait peut-être plus clair.

M.Ranarivao

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