Thierry Rakotonarivo : Le numéro 2 de la CENI menacé de destitution

Le vice-président de la commission électorale, Thierry Rakotonarivo, va être fixé sur son  sort d’ici peu. Le président de la commission a saisi la Haute cour constitutionnelle pour le destituer. Les motifs de « faute grave et violation de serment » sont évoqués.

L’information sur les numéros de carte d’identité nationale a pris l’effet d’une bombe. Et Thierry Rakotonarivo, vice-président de la commission et non moins auteur de la diffusion de ces informations du vendredi 28 février dernier, risque de le payer cher. Suivant les dispositions de l’article 28 de la loi n° 2015 – 020 relative à la Commission Électorale Nationale Indépendante, le président de la commission électorale, Hery Rakotomanana, a saisi la Haute cour constitutionnelle pour demander la destitution de son vice-président. Thierry Rakotonarivo est reproché d’avoir commis une « faute grave et violation de serment ». Selon le site de la Cour constitutionnelle, la requête a été déposée le jeudi 05 mars dernier.

Danger. Cette demande de destitution semble avoir un lien avec la divulgation d’information sur les doublons de cartes nationale d’identité. Le vice-président de la commission électorale a annoncé que 1.162.512 électeurs sont concernés par des numéros de carte nationale d’identité identiques. Depuis, la commission a attiré les foudres de la classe politique. Partisans et opposants du régime ont réclamé sa dissolution. Mercredi dernier, sentant le danger qui guette son entité, Hery Rakotomanana est monté au créneau pour essayer de calmer la grogne et sauver la face. Du côté d’Alarobia, il n’est pas question que l’unanimité de la classe politique pour la dissolution de la commission passera à l’acte. Les chiffres avancés par Thierry Rakotonarivo ont été « mal interprétés par certaines personnalités qui parlent aujourd’hui de manipulations électorales à partir de ces faits lors des dernières élections qui se sont déroulées au pays », a déclaré le président de la commission électorale.

Impossible. Le président de la Commission électorale n’a pas alors démenti ni l’existence des numéros identiques de carte nationale d’identité ni les chiffres avancés par son vice-président. Et d’après une source proche du dossier, l’existence de ces doublons pourrait être vérifiée au niveau du fokontany. Pourtant, le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, qui est en charge de la gestion des cartes nationales d’identité soutient urbi et orbi qu’il est « quasiment impossible » de croire à l’existence de ces millions d’électeurs concernés par des numéros de carte nationale d’identité identiques, tel qu’il a été annoncé par le vice-président de la commission électorale. Tianarivelo Razafimahefa quant à lui, veut alors diligenter une enquête pour avoir des éclaircissements sur ces chiffres qui incriminent son ministère.

Débat. L’accusation du président de la commission électorale contre Thierry Rakotonarivo pèse lourd et la Cour constitutionnelle est sollicitée pour statuer sur le sort de ce dernier dans les jours qui viennent. La balle est donc dans le camp d’Ambohidahy. Les feux des projecteurs vont être orientés sur Jean Eric Rakotoarisoa et les huit autres juges constitutionnels. Néanmoins, la qualité de Hery Rakotomanana dans cette requête pour destitution fait déjà débat. « La Commission électorale n’est pas une institution de la République et son président n’a pas les qualités requises par la Constitution pour saisir la Cour constitutionnelle », analyse un juriste. Thierry Rakotonarivo, quant à lui, assume ses responsabilités dans cette affaire. Joint au téléphone hier, il a rétorqué : « mes objectifs ont été de mobiliser les citoyens à vérifier au niveau du fokontany leur numéro de carte d’identité nationale, afin qu’on puisse corriger les erreurs. Pourtant, l’information a été mal interprétée et l’opposition m’a fait dire ce que je n’ai jamais dit. Mais j’assume. Et je suis prêt à respecter la décision de la Haute cour constitutionnelle », conclut-il.

Rija R.

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4 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. @Ngeda

    Vous dites n’importe quoi ! Depuis 2012 avec la fameuse feuille de route la CENI est indépendante et le ministère de l’intérieur n’a plus à s’immiscer dans l’organisation des élections . Un peu de culture politique parce que vous faites honte à Dada et ses HALABATO BE VATA !

  2. – Ils sont tous grillés CENI-HCC-GOUVERNEMENT. Ils sont tous censés de vérifier à tout niveau le futur bon déroulement de ces scrutins jusqu’à la dernière seconde.
    – Le Ministre de l’Interieur est le premier responsable de ces élections, il n’a aucune excuse à s »esquiver pour ceci ou cela. Il a été nommé courant Juin 2018 au nom du sacro-saint de Fiaraha-miasa avec la CENI, je donne ma main à couper qu’il était au courant de ces magouilles. La HCC ? avec ces propos délirants et souvent avec ironies et mots abjects en disent long qu’il y a anguille dessous. Bandes de Fripouilles.

  3. le mal est fait et la divulgation du soit disant secret professionnel est réelle. Du secret professionnel évoqué,cela veut dire que le peuple doit ignorer tout ce qui conserne la liste électorale et quelque soit les erreurs monstres qu’elle peut contenir! Bravo! Cette déclaration du vice président non démanti par son supérieur comme dirait le journal risque d’augmenter l’absentéisme!

  4. Il n’y a pas de discussion futile à prendre en considération de la part de juristes d’opérette sur l’opportunité ou non du président de la CENI pour saisir la HCC. C’est un faux-débat habituel de la part de pitres en mal de notoriété publique . Laissons la HCC apprécier et trancher . Tout ce qu’on sait pour l’instant c’est que cette sortie médiatique du vice-président de la CENI n’est pas fortuite et innocente . Il y a un calcul politique diabolique derrière avec un administrateur civil qui était SG du ministre de l’intérieur Solonandrasana Mahafaly une pourriture du HVM .

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