Etat d’urgence sanitaire : Les députés s’immiscent dans l’affaire 

Jusqu’à présent, les membres du gouvernement sont en première ligne sur le front contre la lutte contre le coronavirus. La mobilisation est générale au niveau de l’exécutif. Les parlementaires, eux aussi, veulent s’impliquer davantage et occuper le terrain.

Les députés ne sont pas des figurants dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire actuelle. Et ils comptent agir davantage en faveur de la lutte. Une rencontre avec le gouvernement est prévue dans l’ordre du jour de l’Assemblée nationale pour ce mardi 12 mai afin d’aborder « le rôle et la place des députés pendant l’état d’urgence ». Les députés vont faire des échanges, durant cette réunion, avec des membres du gouvernement, notamment le ministre de la Santé publique, Ahmad Ahmad, le ministre de l’Economie et des Finances, Richard Randriamandrato ainsi que le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Tianarivelo Razafimahefa et non moins président du centre de commandement opérationnel Covid-19. La gestion de la crise sanitaire sera le sujet central de ce rendez-vous.

Circuit opérationnel. L’ampleur de la crise est sans précédent. Les députés veulent ainsi s’impliquer davantage aux côtés de l’exécutif. « L’idée n’est pas de critiquer quoi que ce soit, mais l’objectif est de se coordonner, de se répartir les tâches » affirme Eléonore Johasy, députée élue à Vangaindrano. « Nous, les députés, sommes les mieux placés que quiconque pour connaître les réalités aux fins fonds du pays et, à cet effet, nous voulons être impliqués dans le circuit opérationnel de la gestion de la crise actuelle » poursuit-elle. Le gouvernement est déjà fortement mobilisée depuis la crise « mais il faut se rendre à l’évidence que les services déconcentrés de l’Etat ont leur limite » souligne cette parlementaire. Et c’est dans cette optique, selon toujours Eléonore Johasy, que les députés dont « le réseau s’étend jusqu’au niveau des fokontany » comptent se mobiliser en faveur de la lutte contre la propagation du coronavirus.

Transparence. L’occasion devrait être saisie pour faire l’évaluation de la crise. La rencontre prévue ce mardi 12 mai entre, en effet, dans le cadre de l’effectivité  de la mise en œuvre des prérogatives parlementaires relatives au « contrôle et évaluation des politiques publiques » rappelle la députée de Vangaindrano.

« Les députés devront demander un rapport détaillé des activités menées par chaque département ministériel durant cette crise et faire de prospectives de l’après-confinement » avance, quant à lui, Serge Zafimahova, coordonnateur national de la plateforme Dinike. « L’article du quotidien Le Monde du 4 Mai 2020 parle d’Un plan de 347,5 millions de dollars (soit 2,5 % du PIB); cela a donc été élaboré pour soutenir l’économie de Madagascar selon le FMI. Sachant que les chiffres actualisés de l’aide internationale seraient de 537,6 millions de dollars soit environ 2042,88 milliards d’ariary à la date du 05 Mai 2020 » indique-t-il. Les parlementaires doivent alors, toujours selon ce dernier, réclamer une transparence sur le montant réel des aides extérieures sous la forme de dons et de prêts dans le cadre de la pandémie coronavirus, ainsi qu’un tableau précis des engagements, rubrique par rubrique, localité par localité. Il est aussi nécessaire, selon Serge Zafimahova, que les élus sachent les mesures d’accompagnement entreprises par le gouvernement pour sauver l’économie anéantie par la crise.

Rija R. 

Suivez-nous aussi sur Facebook

Partager cette publication

Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. TENA MANOHANA NY solombavambahoaka ZAFIMAHOVA …

Poster un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.