Etat d’urgence sanitaire : Le régime face à des foyers de tension

Le président Andry Rajoelina annoncera demain les nouvelles mesures dans le cadre de l’État d’urgence sanitaire.

Pour la énième fois, le Chef de l’Etat se trouve face à un dilemme vu l’évolution de la situation actuelle. « Handroso maty Raibe, hihemotra maty Renibe ». Logiquement, les mesures de confinement devraient être prorogées si l’on se réfère aux statistiques publiées par le Centre de Commandement Opérationnel COVID-19, faisant état de 5 décès et 698 cas confirmés. Pour l’heure, le pays n’a pas encore atteint le Pic de la pandémie. Outre Antananarivo et Toamasina considérées comme l’épicentre du coronavirus, plusieurs autres villes sont désormais contaminées. Seule la province d’Antsiranana n’est pas touchée. Si l’on s’en tient aux conditions purement sanitaires donc, un déconfinement est quasiment impossible. Le risque de contamination du virus peut venir de partout.

Mesures économiques. Quand est-ce que le président annoncera la réouverture des liaisons aériennes au niveau national et international ? Est-ce que les transports terrestres et les taxi-brousses pourront reprendre leurs activités ? Ce sont entre autres les questions qui se posent. Après deux mois de confinement, l’économie des ménages ne supporte plus l’arrêt des activités. Désormais, ce sont les couches moyennes qui font face à des problèmes de trésorerie. Avec les entreprises privées qui ont pris des mesures économiques, en optant notamment pour une compression de personnel, un chômage technique, ou le paiement de la moitié de salaire, les employés du secteur privé souffrent énormément du manque d’argent. Même dilemme pour les marchands ambulants, les commerçants, et tous ceux qui vivent de leur propre compte. La situation est devenue insupportable pour la majorité des Malagasy.

Déstabilisation. Ajouter 15 jours de plus de confinement, sans prendre aucune mesure d’accompagnement efficace pour apporter des aides à la population, risquerait de provoquer une situation de troubles et d’alimenter les foyers de tension qui commencent à voir le jour. Cette semaine, des manifestations ont débuté notamment à Toamasina et au niveau de certaines universités. Sur le plan politique, des acteurs politiques de l’opposition attendent en embuscade, attendant un faux pas du régime pour se saisir de l’opportunité. Des manœuvres de déstabilisation sont enclenchées. Si le confinement se poursuit, le régime Rajoelina risque de se heurter à une déstabilisation, et devrait gérer des contestations aussi bien politiques que socio-économiques. Quoiqu’il en soit, c’est la crise sanitaire qui devrait être priorisée. Il faudrait éviter que cette pandémie fasse davantage de victimes. Avant de fixer sa décision, le président Andry Rajoelina est obligé de prendre en considération tous ces paramètres.

Davis R

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