Gestion des intrants de santé : Le ministère de la Santé publique sort son rapport


Le ministère de la Santé publique publie, avec des détails, la répartition des intrants de santé. Une initiative applaudie par ceux qui l’avaient espérée depuis le début de la crise.

La répartition des intrants de santé à l’échelle nationale dans le cadre de la riposte contre le Coronavirus vient de faire l’objet d’une publication par le ministère de la Santé publique. Depuis quelques jours, l’accès aux informations relatives aux répartitions des consommables et équipements sanitaires, les équipements de protection individuelle ainsi que les fournitures et médicaments reçus au niveau du ministère du professeur Ahmad Ahmad depuis le 23 mars dernier devient public. Cette publication, disponible en ligne sur le site du ministère, prend l’apparence d’un rapport qui détaille la nature et les bénéficiaires des quantités d’intrants répartis depuis Ambohidahy vers différentes structures nécessiteuses. Aussi, la publication fait-elle savoir que le ministère s’est appuyé sur deux entités différentes dans la répartition de ces intrants, en l’occurrence l’unité de coordination de projet, qui est rattachée directement à son secrétariat général, et le centre de commandement opérationnel covid-19, structure ad-hoc mise en place dans le cadre de la crise sanitaire, dont la présidence revient au ministère de l’Intérieur et de la décentralisation.

EPI. En effet, on peut lire par exemple sur le site internet du ministère de la Santé publique que 62 391 unités de consommables comme des gants d’examen non stériles, des masques à haute concentration ou des masques à oxygène pour adulte, des kits de prélèvement ou des barres de savon, ont été répartis par le centre de commandement opérationnel covid-19, lequel a pu appuyer 199 structures comme les brigades d’intervention spéciale d’Antananarivo et de Fianarantsoa ou la « caserne famille de la gendarmerie des Formations spécialisées à Ivato ». Pour sa part, l’unité de coordination de projet du ministère s’est chargée de répartir, en matière de consommables, 32 114 flacons de gels hydroalcooliques au bénéfice de 106 structures comme des centres hospitaliers universitaires et des directions régionales de santé publique. Concernant les équipements de protection individuelle, le centre de commandement opérationnel a distribué 1 064 463 au niveau de 215 structures, lit-on sur le site du ministère de la Santé publique, si l’unité de coordination de projet à Ambohidahy a réparti 771 051 EPI pour appuyer 319 structures. Quant aux médicaments, l’unité de coordination de projet du ministère n’en a distribué le moindre, tandis que le centre de commandement opérationnel s’est occupé d’en répartir 107 692 quantités dans 38 différentes structures.

Félicitations. Cette initiative du ministère de la Santé publique a été bien accueillie dans le milieu de la société civile. « Nous félicitons et remercions le ministère de la Santé Publique pour la mise à disposition des informations concernant la répartition des intrants Covid-19 », a réagi Faraniaina Ramarosaona, une activiste de la société civile. Cette publication « répond aux demandes de transparence exprimées par des organisations de la société civile et des citoyens », poursuit-elle. Les organisations de la société civile ont toujours réclamé à tout bout de champ cette transparence sur la gestion de la crise sanitaire, notamment sur les affectations budgétaires des financements reçus dans le cadre de la riposte ainsi que la répartition des ressources matérielles destinées aux formations sanitaires et au personnel médical. L’absence de transparence et de compte-rendu crée des suspicions de mauvaises utilisations et/ou de détournements chez l’opinion, a laissé entendre, dans un communiqué publié la semaine dernière, le mouvement Rohy, une organisation de la société civile œuvrant dans la gouvernance.

Bonne gouvernance. « La gestion doit être transparente », a martelé le premier ministre, dimanche dernier, sur le plateau de la télévision nationale, en abordant les efforts déployés par le gouvernement pour équiper le personnel médical et les différentes formations sanitaires mobilisées au front pour lutter contre la propagation du Coronavirus. Et le problème n’est plus d’ordre financier, a-t-il rassuré, mais la question repose sur le principe de la bonne gouvernance, selon toujours le premier ministre pour assurer une juste attribution et une équitable répartition des ressources disponibles. Sur ce plan, le ministère de l’Economie et des finances a fait sortir récemment « un rapport provisoire sur les financements relatifs à la lutte contre la pandémie de Coronavirus » qui donne accès au public les informations sur la répartition des enveloppes financières reçues dans le cadre de la crise sanitaire.

Rija R.

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