Crise sanitaire : Le HVM de plus en plus virulent contre l’Exécutif

Le président du Sénat doit aussi faire face à la défection qui fragilise son parti.

Le parti de l’ancien président Hery Rajaonarimampianina durcit le ton contre le gouvernement. La crise sanitaire actuelle est une aubaine pour ce parti de l’opposition de se déchaîner contre le régime en place. 

Le parti Hery Vaovao ho an’i Madagasikara est de plus en plus énergique dans ses charges contre le régime. La crise sanitaire actuelle est une opportunité pour ce parti de l’opposition de fulminer contre l’Exécutif, visé particulièrement dans les attaques. Vendredi dernier, le parti a signé un réquisitoire pour dénoncer à haute voix les lignes qu’il reproche au régime dans le cadre de la crise liée au Coronavirus. Non seulement, « la situation actuelle est loin de rassurer face à la cacophonie préexistante, étalée au grand jour » mais aussi « la capacité d’anticipation et d’organisation n’est finalement pas de mise face à ce rude combat contre un ennemi invisible qu’est le Coronavirus » déclare, à cet effet, le parti. « Des incohérences démontrant la gravité de la situation ont pu être étalées au grand jour malgré les velléités malsaines de museler les politiciens et la presse », poursuit le communiqué du parti co-signé par son secrétaire général, Mohamed Rachidy, et le président du groupe parlementaire HVM au Sénat, Thierry Raveloson.

Répression. Le long communiqué de deux pages publié par le HVM marque un changement de ton au sein de ce parti de l’opposition, jugé jusqu’ici plus « soft ». Si le parti a bâti sa réputation sur l’échiquier politique, particulièrement dans le camp de l’opposition, avec ses tons modérés à côté des virulences du parti Tiako i Madagasikara, le temps de la grâce semble bien révolu pour la formation fondée par Hery Rajaonarimampianina qui commence alors à faire du tapage dans les oreilles des partisans du régime. Un changement de tempérament qui est loin d’être anodin. Depuis la mise en détention préventive de Rolly Mercia, un baron du parti HVM, ce parti ne mâche plus ses mots pour tirer à boulets rouges sur le gouvernement. Un emprisonnement qui est encore resté en travers de la gorge du parti qui y voit une « répression ». « L’État d’urgence sanitaire ne saurait être un moyen de confiner la démocratie en privant la population des libertés d’opinion et d’expression, et encore moins de gaspiller et de détourner les fonds publics à des fins personnelles ou politiques », a fustigé le parti dans le communiqué du vendredi dernier.

Besoins urgents. Ce ton est donné par le coordonnateur du parti, Rivo Rakotovao, qui scrute les moindres faits et gestes de l’Exécutif et multiplie, à cet effet, les sorties médiatiques pour vilipender le régime. Mais les séquences données par le président de Sénat ne satisfont pas les besoins d’expressions du parti. Dans le communiqué, le parti HVM réitère que les projets du régime de miser sur les constructions d’infrastructures pour absorber le chômage amplifié par les conséquences de la crise sanitaire, sont « des initiatives qui ne répondent pas aux besoins urgents du pays et de la population pour atténuer les impacts de la pandémie en matière sanitaire, social et économique ». Il « dénonce également toute forme de politisation de la gestion de la crise sanitaire et demande à ce que les mesures prises par le gouvernement soient issues d’une réelle concertation avec les professionnels de la santé ».

Rija R.

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