Mutinerie à la prison de Farafangana : Ferme condamnation des défenseurs des Droits de l’Homme

Des dirigeants de la CNIDH. (Photo d’archives)

22 morts et 37 détenus capturés dont 8 blessés graves. C’est le bilan de la mutinerie qui s’est produite à la prison de Farafangana dimanche dernier.

Un incident dont bon nombre d’observateurs considèrent comme un véritable massacre perpétré par les autorités pénitentiaires du District de la Région Atsimo Atsinanana. Il convient en effet de rappeler le communiqué du Ministère de la Justice qui affirme que le Ministère de la Justice a donné l’ordre au Directeur de l’Administration pénitentiaire de la Région Atsimo Atsinanana et au Chef d’établissement de prendre toutes les mesures nécessaires pour maîtriser le mouvement. Si l’on s’en tient à ce communiqué, l’ordre émane donc du ministre Johnny Andriamahefarivo.

Recours aux armes à feu. De leur côté, les défenseurs des Droits de l’Homme n’ont pas attendu longtemps pour réagir. A l’exemple de la représentante du Sénat au sein de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH), Matavimana Ravao Georgine qui s’est prononcée hier sur cette affaire en lançant  » une condamnation ferme pour toutes les actions visant à ôter la vie de quelqu’un qu’ils soient des détenus ou des éléments des Forces de l’ordre « . En quelque sorte, l’affaire Farafangana est en passe d’être considérée comme «  une violation des Droits de l’Homme commise par des agents pénitentiaires et des Forces de l’ordre. Une utilisation abusive et disproportionnée des armes. Ces détenus sont, eux aussi des êtres humains. D’autant plus que bon nombre d’entre eux sont simplement en statut de mandat de dépôt et n’ont pas encore été condamnés « , a-t-elle expliqué. Elle, c’est Matavimana Ravao Georgine qui estime que les agents pénitentiaires, en tant que professionnels, et ayant été formés pour maîtriser ce genre de situation, auraient dû utiliser d’autres alternatives que le recours aux armes à feu. «  Pourquoi les Forces de l’ordre n’ont pas simplement tiré sur les jambes pour maîtriser les fugitifs, mais ont directement visé la tête et lancer des tirs mortels « , se demande-t-elle.

Lumière sur cette affaire. Hier, un haut responsable au sein de l’Administration pénitentiaire a expliqué que le recours aux armes est conditionné par des réglementations.  » Les agents pénitentiaires de Farafangana ont utilisé leurs armes car ces conditions ont certainement été remplies « , a-t-il argué. Il convient en effet de rappeler que lors de cette mutinerie, les détenus ont réussi à se procurer d’une arme mais les autorités ont déjà expliqué que cette arme a déjà été récupérée. L’ouverture d’une enquête est réclamée pour faire la lumière sur cette affaire. Hier, des informations dénonçant la corruption au sein de cette prison, ainsi que l’existence de responsables rackettant les prisonniers, ont circulé sur les réseaux sociaux. Des dénonciations qui méritent des éléments d’éclaircissement. Quoiqu’il en soit, cette affaire risque de faire des vagues dans les jours qui viennent. D’autant plus qu’elle a tout de suite été relayée par les médias internationaux. Les défenseurs des Droits de l’Homme vont certainement sauter sur l’occasion pour relancer les débats autour des conditions carcérales à Madagascar. Histoire à suivre.

Davis R

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Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. Mme Matavymana es payée pour dire n’importe quoi!…, alors que c’est justement le type de personne qui crie au secourset fuit en premier dès la moindre confrontation avec un bandit,…ces gens là méritent plus que les balles des agents pénitentiaires.

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