Michel Domenichini Ramiaramanana : Pour un processus d’industrialisation par étape

Optant pour la revalorisation de nos origines austronésiennes, cet historien de renom estime que l’émergence est en marche. Changement de paradigme, tel est le maître -mot qui invite tout un chacun à modifier son regard, son appréciation voire ses convictions pour rentrer dans un mode Emergence 2.0. Interview exclusive.

Midi : En tant qu’historien, vous proposeriez quel concept pour garantir la réussite de l’émergence ?

Michel Domenichini Ramiaramanana : « S’ouvrir à l’ASEAN. Valoriser nos origines austronésiennes. Ce concept de l’émergence, un modèle de développement constamment en mouvement que le Chef de l’Etat Andry Rajoelina a résolument adopté pour la marche politique des affaires de l’Etat ou la marche d’une économie mixte ou privée du commerce national et international, va devoir être intégré, au forceps peut-être, par chacun des citoyens Malagasy. A cet égard, le rôle d’une diplomatie économique itinérante intégrant un axe ASEAN en plus des sphères régulatrices traditionnelles va probablement être nécessaire pour une plus grande efficience de la mise en œuvre de cette Initiative pour l’Emergence de Madagascar. Les nouvelles réalités géopolitiques et géoéconomiques révélées en creux à la face du monde par cette pandémie COVID 19 s’invitent à la table de tous les experts et lobbyistes économiques de la planète : l’Asie est la locomotive économique du monde ». Madagascar peut être considéré comme le Tigre de l’Océan Indien. Probablement certains des lecteurs de cet article ont-ils entendu parler du « Vol des oies sauvages » conceptualisé en 1937 par Kaname Akamatsu, lequel, en faisant le constat de la réussite économique de l’ère Meiji (Japon), avec force de résultat nous signifie ce qu’était le processus de cette  campagne d’industrialisation du Japon. Grand précurseur de la pensée émergentiste, Kaname Akamatsu a décrit et préconisé un processus d’industrialisation par étape d’un pays et c’est  ce qu’est en train de réaliser le Président Andry Rajoelina en mettant en œuvre le PEM (Plan d’Emergence Madagascar)  frappé du sceau sacré de 13 Velirano, des engagements actuellement en cours de réalisation. Lancement d’un Plan Marshall Malagasy mettant Madagascar en chantier, création de Pharmalagasy et de GasyCar, autant d’initiatives qui sont les premiers marqueurs d’une conquête émergentiste et d’une future souveraineté industrielle de l’économie Malagasy dans une dynamique de mobilisation du génie national valorisant chemin faisant le savoir-faire Malagasy tout en ayant toujours un esprit ouvert vers l’extérieur – Madagascar ouvert au monde, sont annonciateurs et sont les débuts d’une chronique d’une réussite annoncée.

Midi : Quelle voie adopter pour parvenir à l’émergence économique ?

M.D.R : « Forcer l’exportation. Partir à la conquête des marchés. L’impératif de satisfaire le consumérisme national et partir à la conquête des marchés régionaux ou internationaux, sont des postures qui ne sont pas antinomiques et notre planche de salut pour favoriser l’ascension d’une classe moyenne solvable et d’éliminer progressivement et radicalement notre pauvreté, lesquelles s’effectueront surtout à l’aune de notre capacité à exporter notre production, devra permettre de rééquilibrer une balance du commerce extérieur en déficit chronique et de réapprécier mécaniquement la monnaie nationale qu’est l’Ariary. A ce jour, notre balance du commerce extérieur et déficitaire, une réalité comptable due notamment à l’importation de biens manufacturés qui, pour un pourcentage non négligeable d’entre eux, sont parfaitement usinables à Madagascar,  il nous appartient coûte que coûte de corriger sévèrement cette situation. Aussi, le secteur privé, par la mobilisation des investisseurs  directs nationaux et extérieurs va devoir engager avec pragmatisme des actions entrepreneuriales allant des industries légères aux industries lourdes qui soient à la pointe des process industriels du XXIème siècle. Favoriser un maillage du territoire national par de petites industries sera la source d’une émergence locale effective. Signalons à ce propos la stratégie ODOF (One District One Factory) impulsé par le Président Andry Rajoelina et mise en œuvre par le Ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat. Gageons que modernisation, mobilisation toujours dans un esprit d’excellence, avec un sens aigu de l’aboutissement des projets avec la plus grande célérité possible, conduiront Madagascar sur la route d’une émergence réussie. Nous pouvons ouvrir les paris que très rapidement nous écrirons en lettres d’or le nom du Président de la République sur le fronton de l’Histoire de Madagascar ».

Propos recueillis par Davis R

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3 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. En tant que geographe,je me tourne plutot vers 1 investissement massif ds l’agriculture et l’elevage. Il faut donner les moyens de produire et de consommer par la suite ces produits et mettre en vente le surplus.Tout cela nous evite des importatations en abondance, renforce l’autonomie et nous permet l’economie des devises.

  2. Je ne suis ni historien ni économiste mais industrialisation par étape ne va pas de pair à l’agréable reservé aux nantis.Forcer l’exportation avec le peu qui nous reste?Il faut d’abord forcer la production en favorisant nos paysans,nos jeunes,nos génies et forcer nos infrastructures routières afin de promouvoir la production et le marché local.Promouvoir et protéger notre cheptel bovin,notre agriculture.Favoriser,financer,promouvoir et protéger coûte que coûte les malgaches industriels(non pas les industriels malgaches).Exploiter équitablement nos ressources naturelles(marines,minières) tout en préservant notre environnement et arrêter toutes formes de dilapidations de ces biens.Le changement de mentalité des gouvernants est plus que primordial! On aurait ainsi affaire non pas à un plan marchall importé et emprunté mais à un plan Rainilaiarivony autofinancé! Espérons qu’avant 2022,Madagascar produirait au moins les 40% de ses besoins en médicaments et matériels roulants car la TGV ne traîne ni ne badine!

  3. Quand la flatterie verse dans le grotesque..

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