Climat politique : Virulentes critiques du parti HVM

Le président du Sénat n’a pas été très tendre envers le ministre de l’Economie et des finances.

Le parti de Hery Rajaonarimampianina critique avec virulence le régime. Mais il est encore au stade de la dénonciation des faits, a affirmé ses dirigeants.

 

La situation budgétaire au Sénat est insupportable pour les dirigeants de cette institution. « On a déjà fait des concessions sur la restriction de budget qu’on nous a imposée », a déclaré Rivo Rakotovao, président de cette chambre. Mais de là à « suspendre définitivement le transfert du reste du budget n’est pas du tout admissible », poursuit-il. Le président du Sénat a notamment affirmé qu’aucun budget n’est actuellement disponible dans les caisses de cette institution pour finir cette année. Une situation, selon toujours ce dernier, qui risque d’affecter le bon déroulement de la prochaine session parlementaire de ce mois d’octobre, laquelle va débuter mardi 20 octobre prochain. Face à cet état de fait, Rivo Rakotovao est convaincu que le Sénat actuel est la « cible de cette discrimination à cause de la différence de son point de vue » par rapport à la ligne politique de la majorité. Mais le Sénat est également « victime d’un abus de pouvoir », a-t-il soutenu.

 

Verdict. Hier, le parti HVM a tenu un conclave dans son quartier général à Andraharo. Un huis clos qui a vu la participation de tout le gotha du parti. A l’issue de la réunion, le parti HVM a également réagi après le verdict du tribunal sur le cas de Harry Laurent Rahajason, cadre de ce parti et ancien ministre de la Communication. Ce dernier est condamné à 44 mois d’emprisonnement ferme pour atteinte à la sureté de l’Etat. « Cette décision, que nous regrettons, nous affecte énormément », a déclaré Rivo Rakotovao, coordonnateur du parti. L’ancien ministre est un membre influent du parti et a gravité autour de Mbola Rajaonah, l’autre baron du régime de Hery Rajaonarimampianina, qui est actuellement à Tsiafahy.

 

Illégalité. Le parti réitère son désaccord par rapport à la tenue des sénatoriales de ce 11 décembre prochain. « Nous restons convaincus que ces élections sont tenues dans l’illégalité », a soutenu l’actuel président du Sénat. Raison pour laquelle il a porté plainte auprès de la Haute cour constitutionnelle « contre l’organisation des élections sénatoriales », a-t-il rappelé. Le camp de la majorité, en revanche, voit derrière cette initiative de Rivo Rakotovao et consorts, une manière pour ces derniers de vouloir s’accrocher à leurs sièges au Sénat. Pourtant, « nous n’avons aucune intention de rester à notre poste lorsque notre mandat prendra fin d’ici peu », a répliqué, hier, le coordonateur du parti HVM. « Nous essayons, au contraire, de défendre l’Etat de droit et la légalité », a-t-il avancé pour justifier leur démarche.

 

Dénonciation. Le parti compte organiser un congrès pour cette année. L’objectif, a-t-on indiqué, est de redynamiser les bases du HVM en vue des prochaines élections. Et si le parti remobilise ses troupes, c’est qu’il veut assurer, également, sa présence sur l’échiquier. « Nous sommes actuellement en concertation avec les autres formations politiques comme la plateforme RMDM, le collectif des parlementaires et des élus, les mouvements de la diaspora », a fait savoir Rivo Rakotovao. Et jusqu’à présent, ce dernier a affirmé que son parti « est d’abord dans une logique de dénonciation et d’interpellation ».

Rija R.

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