Albert, Philibert et Didier

Il y a une vingtaine d’années, notre quotidien a demandé à ses lecteurs quelles sont les 3 personnalités qui ont marqué le XXéme siècle malgache. Le résultat ne fut pas surprenant, en donnant Rakoto Ratsimamanga en premier, puis Tsiranana Philibert en seconde position et enfin Ratsiraka Didier en troisième. On peut avancer que le savant l’est à juste titre d’abord, parce que malgré lui, il a été proche de par son Etat civil de la monarchie. Il va de soi qu’il a vécu aussi  la période coloniale  et bien sûr l’ère de la restauration de l’Etat de Madagascar. Son  prolifique vécu scientifique étant ce qu’il était ne peut pas  pour autant faire oublier l’activiste politique qu’il était, en étant parmi les artisans  de la fondation des grands mouvements politiques comme le MDRM et l’ AEOM et enfin premier ambassadeur à Paris.

Le choix portant sur le Tsiranana est tout aussi évident puisqu’on le veuille ou non, il a une place importante dans la rupture historique avec l’avènement de l’indépendance du pays et surtout la reconnaissance internationale de l’Etat de Madagascar. Enfin, Didier Ratsiraka doit sûrement cette reconnaissance d’être la personnalité ayant marqué le siècle précédent parce n’était-il pas à la tête du pays  pendant presque 25 ans. Avec la rupture idéologique qu’a connue  la société malgache, il est indéniable qu’il a sa place dans l’histoire du pays. D’ailleurs n’a –t-il pas dit lui-même qu’il est un des rares malgaches à figurer dans le dictionnaire Larousse.

La question que l’on se pose aujourd’hui est si l’usure du temps n’a pas eu raison de leurs images, c’est-à-dire à leur insu, est ce qu’on les voit encore comme avant ? Quand on voit l’effigie de Ratsimamanga sur l’étiquette du Covid Organics ou les marchandages autour du patronage de sa fondation de ce remède, n’étant pas  en train de ternir son image quand ce « médicament » n’a pas encore l’onction des grandes instances scientifiques ? Quand l’usage de l’image du bouvier devenu président est fait (soudainement) dans un but de clientélisme politique, n’est-ce pas entacher sa figure historique. Enfin, l’Amiral en faisant de la résistance actuellement, sans le vouloir ne fait-il lui-même en train  de resurgir les sombres moments de son long passage au pouvoir ? Qui sait ce qu’on retiendra d’eux  à la fin de ce siècle.

M.Ranarivao

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