Extension de l’aéroport d’Ivato : Un nouveau scandale financier en vue

L’Etat malagasy remet en cause le contrat de construction et d’exploitation du nouveau terminal international.

 

Les travaux de construction du nouveau terminal international à l’aéroport d’Ivato entre désormais dans sa phase finale qui consiste en la mise en place des dispositifs de sûreté et de sécurité. Prévue être opérationnelle dans le premier trimestre de cette année 2020, cette nouvelle infrastructure doit encore attendre un certain temps avant l’ouverture officielle. Et cette attente risque encore d’être longue. En effet, un scandale financier est en vue en ce qui concerne cette nouvelle infrastructure. De source bien informée, l’administration Rajoelina remettrait en cause le contrat de construction et d’exploitation du nouveau terminal international d’Ivato. Des travaux jugés trop chers ayant provoqué un préjudice de plusieurs milliards d’ariary à l’Etat malagasy. A entendre notre source, actuellement, des négociations sont en cours entre l’Etat malagasy qui a engagé un cabinet d’avocats international, et Ravinala Airports chargé de l’exploitation des aéroports d’Ivato et de Nosy-Be. Plusieurs vices et anomalies auraient été constatés sur le contrat de cession avec Ravinala Airports. Un contrat signé durant le régime Hery Rajaonarimampianina. En effet, à en croire nos sources, le dossier risque même d’aller jusqu’à une procédure judiciaire. Une enquête judiciaire serait en cours et des barons de l’ancien régime seraient dans le collimateur de la Justice dans cette affaire.

Surévalué. 240 millions de dollars. C’est le coût des travaux du nouveau terminal. Une somme trop exorbitante, estime le gouvernement actuel. Le choix des entreprises qui ont obtenu le marché est remis en cause. Des offres moins coûteuses auraient été reçues mais n’ont pas été prises en compte. Le prix de l’investissement présenté par le concessionnaire est considéré comme surévalué par rapport aux rendus tant sur le point de vue esthétique que sur le qualitatif et quantitatif. A titre comparatif, les travaux de construction d’un énorme aéroport à Nairobi Kenya s’élèvent à 93 millions de dollars. C’est-à-dire 1/3 du coût des travaux à Ivato. Les travaux à Nairobi comprennent des aires de stationnement des avions, la création d’un 4è terminal et de parkings, la réhabilitation et l’extension des trois terminaux de départ existants et du terminal d’arrivée, la réhabilitation de la piste d’atterrissage, du parking avions et mise à niveau du système d’éclairage, ainsi que la réhabilitation des terminaux domestiques. En revanche, en ce qui concerne Ivato, il n’y a aucune nouvelle piste. En outre, le concessionnaire a hérité toute l’ancienne infrastructure gérée par l’ADEMA et a fait construire un tarmac qui ne correspondrait pas aux normes requises après analyse du Laboratoire National LNTPB. Mais pour l’heure, le gouvernement Ntsay Christian entend d’abord primer la solution de la renégociation du contrat. Reste à savoir si Ravinala Airports acceptera de faire des concessions.

Convention de concession. Pour les pourparlers en cours, l’Etat malagasy dénonce le non-respect des principes de concession. Le concessionnaire ne supporterait aucun risque sur son investissement. Ce serait ADEMA qui encourt tous les risques de la concession. Par ailleurs, contrairement à ce qui est prévu par la convention de concession, la partie malagasy n’a aucunement participé dans le capital social du concessionnaire. Les représentants de l’Etat au sein du Conseil d’Administration, quant à eux, n’ont aucun droit de vote ni aucun droit de regard sur les aéroports d’Ivato et de Nosy-Be. Pour ce qui est de la redevance, le régime actuel pense qu’elle est inconcevable et inacceptable car non seulement elle est contraire à l’article premier de la convention de concession mais c’est aussi incompatible au principe d’indexation avec les principes règlementaires. Alors que le nouveau terminal international d’Ivato n’est pas encore opérationnel, le concessionnaire perçoit déjà depuis longtemps la redevance, a laissé entendre notre source. La redevance pour le développement des infrastructures aéroportuaires (RDIA) s’élèverait à 41,6 euros par passager pour les vols internationaux en plus de la redevance passager classique de 12,8 euros. Ravinala Airports est aussi accusé de non-respect des prérogatives de puissance publique, de renonciation à l’immunité de l’Etat malagasy et au non-respect de la souveraineté de celui-ci. En ce qui concerne le régime fiscal et douanier, l’Etat Malagasy se sent lésé et estime que cette infrastructure représente une grande perte sur les recettes fiscales publiques.

Davis R

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4 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Le régime de Hery le plus corrompu depuis l’indépendance de Mada lui et tout son gouvernement

  2. @ Malagasy

    Aoka havazava fa ry H .RABARY NJAKA sy forongony , fanjakana HVM maimbo an-dry Rajao no tena be vinany !

  3. Quelle nouveauté !!

  4. Tsy manam-pidiny izahay mpandeha, ho aiza moa? Efa mazava fa izay mitondra eo dia samy manao izay tiany atao foana.

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