Dada; Papa; Aba; Kaky; levieux ou Baina

Dans les salons comme dans les épi-bars, on ne parle que de ce père jugé indigne en portant la main sur sa progéniture, le débat sur le dénouement de cette affaire n’est pas encore clos. Dans un passé pas si lointain, se serait-on autant agité? Toujours est-il que l’occasion m’est donnée enfin de lâcher ce proverbe africain qui m’a fait toujours rire :« C’est quand un *moustique* se pose sur tes *testicules*, que tu comprends que la *violence* ne résout pas tous les problèmes. »

En passant voilà une chronique datant de juin 2017 qui mérite d’être relue. « Je t’aime Papa, et des fois, je l’avoue, ta tristesse silencieuse devant mes bêtises m’ont fait mille fois plus mal que les coups de bâton. »

Dada; Papa; Aba; Kaky; levieux ou Baina

Qu’il soit Dada; papa; aba; kaky; levieux, ou baina il est toujours ce père qui a pris pour la première fois son enfant dans les bras et qui a séché ses larmes en étouffant de joie. En parodiant Yves Duteuil, « il l’a pris par la main pour l’emmener vers demain et pour lui donner confiance en son pas, il l’a pris pour un roi. » Il se surprend lui-même en disant « Mangina anaka ! », le voyant pleurer. Un grand saut a ainsi été franchi entre l’avant et l’après ce petit être. « Bonne fête papa !» Aujourd’hui nous fait toujours revenir en arrière au bonheur passé, mais en même temps à l’angoisse dans l’avenir. Et le temps va passer, et les rides vont sillonner les visages au fur et à mesure que les « gosses » grandissent avec les vicissitudes de la vie et les « bonne fête papa » n’y feront rien.

Puis il y a les « pères fouettards » qui n’ont pas ou ne méritent pas de souhaits avec le lot de violences, de maltraitance envers les enfants. Combien de pères indignes sont encore auteurs de crimes les plus atroces et les plus odieux envers la chair de leur chair. A ceux-là : « Quand on l’aura mis dans sa tombe, je reviendrai vous dire combien, on se sent libre, on se sent bien », dira Maxime Le Forestier.

Enfin, ce jour de fête nous fait penser à Jama, un collègue, qui se prélassait avec sa femme en regardant la télé. Quand, à son réveil, il vit que son épouse s’en est allée pour toujours sans crier gare. Et on va l’enterrer le dimanche de la fête des pères. Ainsi le mari ne sera plus que le père de ses enfants. Lui, dont l’abnégation pour la famille n’a pas son pareil, puisqu’il a préféré se sacrifier et travailler la nuit laissant ainsi sa moitié à son métier d’enseignante dans la journée pour mieux s’occuper des enfants. Ces derniers fêteront désormais une telle journée d’une manière cruellement particulière.

La fête des mères est toujours mise en avant, on ne sait pas trop pourquoi, si peut-être, parce que les pères dans l’image populaire sont censés être insensibles aux élans de sentiments, mais peut-être surtout, parce qu’ils savent sécher leurs larmes en étouffant de joie. Les moins jeunes se souviennent sûrement du livre de lecture « Ratsimbavalomianaka » où le chef de famille respecté sert d’exemple et veille à l’harmonie familiale. Il est vrai qu’en ces temps-là, les valeurs civiques et familiales avaient encore cours.

Mickey Ranarivao

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