Chronique de Mickey

Être Chef de l’opposition, un mal pour un bien

En d’autres temps, un tel poste, personne n’en voudrait de peur de subir des sévices de toutes sortes, mais on a changé, même en politique. Peut-être sous de fortes pressions exogènes mais toujours est-il qu’en 2011, le président de la Haute Autorité de la Transition a fait adopter la loi 2011-013 portant statut de l’opposition et des partis d’opposition. Son article 4 dispose que la Constitution garantit le droit d’opposition démocratique. Et l’article 5 dit que : « L’opposition est dirigée par un chef de l’opposition officiel … ». Mais comme dit un proverbe espagnol « De bonnes intentions, l’enfer en est plein ». A la suite d’une modification, initiative d’un député, cette volonté louable pour la démocratie s’est trouvée réduite comme peau de chagrin. D’extra-parlementaire, l’opposition officielle devra être exclusivement parlementaire et donc son chef doit être issu des travées de l’Assemblée nationale. A-t-on déjà vu dans un régime présidentiel, un candidat battu au second tour se porter, quelque temps après, candidat aux législatives? N’offense-t-on pas les millions d’électeurs ayant voté pour lui dans un suffrage universel? Mais de tout cela, on a fait fi sur la base d’un calcul machiavélique ou en jouant l’ambiguïté de la nature de ce régime depuis la deuxième République (tantôt présidentielle tantôt parlementaire), l’exécutif ou le législatif prenant le pas sur l’autre selon les cas. L’instabilité des rangs protocolaires l’illustre bien surtout hors des grandes cérémonies visibles.

De cela, il convient de revoir la littérature concernant le Chef de l’opposition.

Yves Surel, dans son livre « Pouvoirs » édité chez Le Seuil en 2004, note la définition de l’opposition selon Giovanni Sartori, « L’opposition est l’ensemble des forces partisanes qui ont pour vocation de prendre le pouvoir, d’alimenter une critique des gouvernants actuels et de définir une alternative programmatique ». Il continue « On pourra définir le chef de l’opposition, celui qui remplit l’une sinon les deux propriétés suivantes : 1. C’est l’acteur qui dirige la principale force d’opposition et porte l’essentiel des critiques et propositions alternatives au pouvoir en place ; 2. C’est l’adversaire principal du titulaire de la fonction exécutive… »

On ne peut que conclure que le Chef de l’opposition est tout désigné et que le reste n’est que manœuvre politicienne. Dans l’esprit de cette loi 2011-013, il est clair que l’on veut enrayer cette suite de crises politiques cycliques, il appartient donc à la HCC de juger en son âme et conscience car une opposition n’ayant que la rue où protester, on sait ce qu’il advient.

M.Ranarivao

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