Opposition : Consensus difficile à trouver entre Ravalomanana et Rajaonarimampianina

Une rencontre entre Fanirisoa Ernaivo et le numéro Un du Hery Vaovao ho an’i Madagasikara a eu lieu récemment à Paris.

Un peu moins de 500 millions de dollars. C’est le financement que la Banque mondiale va débloquer pour soutenir quatre projets structurants initiés par le Gouvernement Malagasy, concernant le renforcement du système de santé, la transformation économique pour une croissance inclusive, le développement durable du secteur routier et le projet d’agriculture durable. La cérémonie de signature de cet accord aura lieu ce jour au Palais d’Iavoloha. Aux yeux des partisans du régime, cette cérémonie prouve la confiance que la Banque mondiale et les partenaires techniques et financiers accordent aux autorités de la Grande île. Une constatation que l’opposition ne partage pas, en l’occurrence des membres du RMDM Diaspora qui ont repris les manifestations en public, notamment à Paris et à La Réunion. Malgré cette initiative des bailleurs de fonds, ces derniers continuent de fustiger le régime en dénonçant une mauvaise gouvernance. En insistant sur la même stratégie utilisée depuis 2019, l’opposition est accusée par les observateurs d’être à court d’arguments. Depuis deux ans et demi, le Rodoben’ny Mpanohitra hoan’ny Demokrasia eto Madagasikara (RMDM) n’ont cessé de réclamer un accès à la gestion des financements extérieurs. L’on constate en tout cas que l’opposition n’entend pas faire machine arrière. Actuellement, les leaders du Tiako i Madagasikara et ceux du Hery Vaovao hoan’i Madagasikara continuent de mettre la pression sur le président Andry Rajoelina et sur le Gouvernement Ntsay Christian pour réclamer des  » seza  » en vue du prochain remaniement gouvernemental. Pas plus tard que la semaine dernière, les Rivo Rakotovao, Rachid Mohamed, Alain Andriamiseza, Pasteur Edward Tsarahame, Didier Rakotoarisoa, Émile Ratefinanahary, Thierry Raveloson, Faniry Razafimanantany, Rina Andriamandavy, Hary Naivo Rasamoelina et consorts ont organisé une réunion au quartier général du parti HVM à Andraharo. Tous les partis et associations anti-Rajoelina y étaient représentés, à l’exception du TIM de Marc Ravalomanana qui était le grand absent de la rencontre. A l’issue de cette réunion, les barrons du HVM ont annoncé qu’ils accepteront d’adhérer au sein du prochain gouvernement, tour en avançant comme préalable la signature d’un accord politique ou d’une convention entre pouvoir et opposition. En quelque sorte, le RMDM est en train de réclamer une Transition et/ou un  » Fiaraha-mitantana « . Comme ce fut le cas en 2009 lorsque la Communauté internationale a exigé un régime transitoire après un long moment de crise politique. Sauf que cette fois-ci, le pays n’a traversé aucune crise politique. Le régime actuel est issu d’une élection démocratique qui a vu la participation de toutes les forces politiques du pays. Mais comme les autres pays du monde, Madagascar ne pouvait pas non plus s’échapper à la crise sanitaire de la COVID-19. Reste à savoir si le président Andry Rajoelina qui préfère entretenir le suspens pour le moment avant d’opérer un remaniement, va céder à cette forte pression de l’opposition. Nul n’ignore d’ailleurs que le principal objectif de ses adversaires politiques est d’adhérer au sein du pouvoir pour mener une opposition depuis l’intérieur, et éventuellement, pour rassembler un trésor de guerre en vue de mieux préparer 2023. Mais l’histoire a démontré qu’à Madagascar, un  » Fiaraha-mitantana  » a toujours été un échec à cause des calculs politiques. En tout cas, cette manœuvre mené actuellement par l’opposition n’est pas anodin. L’objectif est de fragiliser le régime pour mieux préparer les prochaines échéances électorales. A deux ans de l’élection, le HVM et le TIM ne vont plus reculer. Le RMDM a déjà annoncé la tenue prochainement d’une grande manifestation de rue à Tana. Les préparatifs sont déjà en cours. De leur côté, Fanirisoa Ernaivo et les membres du RMDM Diaspora ont déjà commencé leur manif anti-Rajoelina en Europe et dans l’Océan Indien. Il s’agit certainement d’une instruction de l’ancien président Hery Rajaonarimampianina qui a eu récemment une rencontre avec Fanirisoa Ernaivo à Paris. Mais la question est aussi de savoir si l’opposition parviendra à trouver un consensus pour soutenir un candidat unique, ou bien ellle affrontera les urnes en ordre dispersé. En effet, une politique de dispersion de voix au premier tour n’est pas à exclure. D’autant plus que les 8% de Hery Rajaonarimampianina additionné au 45,15% obtenus par Marc Ravalomanana pourraient leur aider à obtenir la majorité absolue. Mais nul n’ignore que cette alliance sera difficile à mettre en place. C’est peut-être la raison pour laquelle le clan Ravalomanana n’a pas assisté à la réunion qui s’est tenue à Andraharo. Les deux anciens présidents n’ont jamais caché leur ambition de revenir au pouvoir. Il sera difficile voire impossible pour l’un comme pour l’autre, de céder à cette ambition. D’autant plus que 2023 risquerait d’être la dernière chance pour le numéro Un de l’Empire Tiko, vu son âge.

Davis R

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3 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. · Edit

    C’est bon de rêver mais il faut aussi tenir compte de ceux qui ont retourné leurs vestes pour soutenir le régime actuel, vu les « ZAVA-BITA ». Ceux – là même qui ne sont pas des « fanas », mais des réalistes qui aspirent pour le Bien de la Patrie. « HIADANA SY HO FINARITRA »

  2. Les zavabita  » manarapenitra » des velirano tout en  » ORANGE  » partout servent à préparer 2023 , personne n’est dupe …

  3. cela n’a pas du faire full succès ces manifs……………en dehors des frontières personne n’en parle !!
    encore « du vent » dont le monde entier s’en fout !!!!

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