Sévices sexuels sur des enfants : Haro sur l’impunité des auteurs



Jacaranda
Adolphe Pilaza, directeur de la protection de la famille et de l’enfant au ministère de la Population.
Adolphe Pilaza, directeur de la protection de la famille et de l’enfant au ministère de la Population.

Le triste cas de la petite Lucia, un bébé décédé des suites des sévices sexuels dont elle a été victime, confirme une fois de plus une tendance vers des victimes de plus en plus jeunes.

Les statistiques recueillies auprès de la maternité de Befelatanana l’attestent. En 2012, sur 575 victimes de viols recensées et prises en charge dans cette maternité, 527 sont âgées de moins de 18 ans. Parmi elles, 233 sont des enfants de 5 à 14 ans et 39 ont entre 1 à 4 ans. « Des cas semblables à celui de la petite Lucia existent bel et bien, et concernent des fillettes de plus en plus jeunes », déclare le médecin, directeur adjoint technique de la maternité de Befelatanana. Les données statistiques de cet établissement font état de cas de plusieurs dizaines d’abus sexuels par mois, pris en charge par les médecins. Autour de 50 cas par mois en moyenne, avec des « pics » qui dépassent les 60 cas, certains mois de l’année : 64 en juillet 2011, 67 en février 2012 et 64 en mars 2012. Ces chiffres ne reflètent, bien entendu que les cas connus et traités par les services de cette maternité. D’autres cas, réglés à l’amiable, ne sont connus ni de la justice, ni des forces de l’ordre.

Les cas pris en charge à la maternité de Befelatanana sont signalés par les responsables de cet établissement auprès du procureur de la République. Les médecins assurent, pour leur part, une prise en charge médicale tandis que les assistantes sociales assurent la prise en charge psycho-sociale. En cas de besoin, les victimes sont orientées vers le service psychiatrique de l’hôpital de Befelatanana.

Stratégies. Outre les cas d’inceste, très fréquents, la triste tendance des dernières années va vers les viols perpétrés lors des actes de banditisme. Les bandits ne se contentent pas de dérober des sommes d’argent et des objets de valeur tels les bijoux en or, mais abusent également des petites filles, des adolescentes ou des femmes. L’impunité dont bénéficient certains auteurs de tels abus sexuels indigne au plus haut point les familles des victimes. « Il importe de mettre fin à l’impunité des auteurs d’abus sexuels sur des enfants et des actions sont entreprises actuellement afin de mettre en place des stratégies visant à assurer tant la prise en charge rapide des victimes, que la poursuite des auteurs et le suivi des dossiers jusqu’à leur terme », déclare, pour sa part, Pilaza Adolphe, directeur de la protection de la famille et de l’enfant au sein du ministère de la Population. Il s’agit ainsi de promouvoir la collaboration entre tous les acteurs concernés. C’est ainsi que des réseaux et plates-formes d’échanges se sont mis en place et font partie les différents ministères et la société civile. Ce, afin d’élaborer des stratégies visant à protéger efficacement les enfants. De même, la création en décembre 2012 du Comité National de Protection de l’Enfant (CNPE) se penche justement sur le suivi des dossiers concernant les auteurs d’abus sexuels sur des enfants. Le plus grand obstacle à abattre reste alors la corruption…

Hanitra R.

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