Corruption : Madagascar s’enlise

Jacaranda
La population de Madagascar ne manquera pas de juger les dirigeants à élire prochainement sur leur manière de mener le combat contre la corruption. Photo d’archives.
La population de Madagascar ne manquera pas de juger les dirigeants à élire prochainement sur leur manière de mener le combat contre la corruption. Photo d’archives.

Ce jour, 9 décembre, est célébrée la journée internationale de lutte contre la corruption. L’occasion d’aborder la situation locale par rapport aux autres pays.

La corruption figure sans doute parmi les plus grands défis de Madagascar. Dans le pays, ce phénomène a, certes, existé depuis longtemps, mais a été en forte recrudescence ces dernières années. L’ONU qualifie la corruption de « phénomène social, politique et économique complexe » qui « contribue à l’instabilité gouvernementale, s’attaque aux fondements des institutions démocratiques en faussant les élections, en corrompant l’État de droit » et « ralentit le développement économique en décourageant les investissements directs à l’étranger et en plaçant les petites entreprises dans l’impossibilité de surmonter les ‘coûts initiaux’ liés à la corruption ». Autant d’indices qui tendent à se vérifier à Madagascar.

Classement IPC. Le dernier classement international de Transparency International, du degré de perception de la corruption, publié la semaine dernière à Berlin, place Madagascar à la 127e place sur 175 pays. Huit autres pays se trouvent au même rang : Mali, Comores, Pakistan, Liban, Gambie, Nicaragua, Russie et Azerbaïjan. Ce classement indique l’indice de perception de la corruption (IPC) établi à partir de données recueillies par 13 institutions internationales dont la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Banque asiatique de développement, le Forum économique mondial, etc. Il indique la perception par les acteurs de la vie économique de la corruption qui affecte plusieurs facettes de la vie publique, notamment l’ensemble des services publics, le système judiciaire, les partis politiques, etc. Cet indice, compris entre 0 et 100, informe sur la perception de la corruption dans un pays : plus l’indice est élevé, moins le pays est corrompu et plus l’indice est bas, plus le pays est rongé par la corruption. Madagascar affiche sur ce classement un score de 28 sur 100, contre 32 en 2012. En d’autres termes, la Grande Ile est le 48e pays le plus corrompu au monde. Au bas du classement se trouvent le Soudan (174e) et trois pays classés 175e à savoir l’Afghanistan, la Corée du Nord et la Somalie tandis qu’en pole position se trouvent le Danemark et la Nouvelle Zélande, des habitués de la tête du classement, suivis de la Finlande et de la Suède, toutes deux troisièmes et la Norvège, 5e avec le Singapour.

Toamasina. Madagascar, à l’instar de nombreux pays à travers le monde, célèbre ce jour 9 décembre, la journée internationale de lutte contre la corruption. La ville de Toamasina abrite depuis le week-end dernier, trois jours de manifestations culturelles (théâtre, concours de poèmes, radio crochet) et sportives (foot, basket) autour de la thématique de la lutte contre la corruption. Les manifestations prendront fin ce jour par une cérémonie officielle de célébration, un carnaval à travers la ville, une journée d’exposition et la signature du « manifeste d’intégrité ». Fidèle au thème choisi pour cette année, cette célébration locale met l’accent sur la volonté des gouvernants et de tous les citoyens, à combattre le fléau. Si au niveau mondial, le thème pour cette année 2013 est : « Zéro corruption, 100 % développement ».

Hanitra R.

Telma Fibre Vibe

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