Janvier : L’endettement, l’unique solution pour de nombreux ménages



Jacaranda
Le paiement à crédit est une pratique à laquelle les épiciers de quartier sont habitués. Photo d’archives.
Le paiement à crédit est une pratique à laquelle les épiciers de quartier sont habitués. Photo d’archives.

Rideau sur les fêtes, c’est désormais le retour au train-train quotidien. Le prochain objectif est maintenant pour les ménages, d’arriver au bout de ce mois de janvier, réputé pour être le plus long et le plus dur à passer, notamment au niveau financier… 

Les fêtes passées, les budgets familiaux ne sont pas au mieux de leur forme !  Déjà fortement  mis à mal par une conjoncture particulièrement difficile pour les ménages, ils parviennent difficilement à satisfaire les besoins les plus élémentaires. Pour parvenir à joindre les deux bouts, ce mois-ci, nombreux sont les ménages qui n’ont d’autres choix que l’endettement. Pour subvenir aux besoins de la famille jusqu’à la prochaine rentrée d’argent, emprunter de l’argent à des proches ou à des amis, ou encore entamer les démarches pour un prêt bancaire sont les seules options qui leur restent. Ainsi, l’année débute avec des dettes à régler, pour un certain nombre de ménages. Et il faut compter presque cinq semaines avant d’arriver au terme de ce mois de janvier.

Bons chez l’épicier. Pour d’autres, l’endettement fait déjà partie de leur mode de survie. Les épiceries de quartier connaissent bien le phénomène. « Les gens prennent chez moi des produits de première nécessité, notamment du riz, de l’huile et du savon, et paient à la fin du mois, mais je sélectionne les personnes à qui j’accorde cette faveur. Je ne le fais qu’avec des fonctionnaires. Il faut que j’aie la garantie de pouvoir être payé à la fin du mois et avec ces derniers, il n’y a pas de mauvaises surprises. Leur salaire arrive toujours au moment attendu. Généralement, je ne rencontre aucun problème pour être payé, et si jamais j’en trouve un, je romps immédiatement l’accord », commente un épicier du côté d’Analamahitsy. Dans sa caisse, il garde précieusement un cahier où sont inscrits dans les moindres détails, tous les bons qu’il accorde à une trentaine de ses clients.

Mais l’endettement n’est pas un choix facile à gérer dans la mesure où des événements imprévisibles ou imprévus pourraient aggraver la situation : maladie, licenciement, séparation, ou autres. Le système mis en place pour gérer les paiements à crédit ou les prêts contractés auprès des proches ou à la banque, peut alors être perturbé et enclencher un surendettement qui plongerait le ménage dans une situation catastrophique. Mais pour la majorité des ménages endettés, ils n’ont tout simplement pas d’autres choix.

Hanitra R.

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