Chine : Des Malgaches vendues et abusées sexuellement, selon le SPDTS

Jacaranda

Jeannoda Norotiana, Présidente du SPDTS, non moins un défenseur des droits des travailleurs et des domestiques.
Jeannoda Norotiana, Présidente du SPDTS, non moins un défenseur des droits des travailleurs et des domestiques.

Le SPDTS, présidé par Jeannoda Norotiana a fait appel aux journalistes pour dénoncer l’existence d’une escroquerie à grande échelle mettant pour premières victimes d’innocentes Malgaches venant de Madagascar.   

Le trafic d’être humain continue à exister selon le Syndicat des Professionnels Diplômés en Travail Social (SPDTS), et de nouveaux cas seraient enregistrés tous les jours. Mais au grand étonnement de tous, voilà que la Chine est maintenant impliquée, d’après toujours ce syndicat. «Des filles malgaches sont vendues dans ce pays, pour devenir les objets sexuels de leurs acheteurs», indique Jeannoda Norotiana. Dans ce sens, elle a enregistré ses communications téléphoniques avec les victimes, en les faisant écouter aux journalistes réunis à son siège à Soamanandrariny. «Une fois arrivées, l’on nous fait subir des examens physiques pour connaître notre corps. Et c’est après qu’on nous met à la vente. Nos prix varient en  fonction de la couleur de notre peau», raconte alors les victimes dans la communication téléphonique. Ainsi, selon ces témoignages, si ces filles sont noires, leur prix serait de 20 millions d’Ariary. Et si elles ne le sont pas, elles seraient vendues à 24 millions d’Ariary. Selon toujours les témoignages, ces victimes arrivent par vagues depuis Madagascar, dont une vague comprendrait approximativement une vingtaine de personnes. D’après toujours le SPDTS, cela fait maintenant presque trois ans qu’un tel commerce a existé, mais il se serait toujours fait à l’insu de la grande majorité des Malgaches. «Même la plupart des parents des victimes ne savent pas que leurs enfants sont livrés à de tels trafics», raconte Jeannoda Norotiana, une vraie militante pour le respect des droits de l’homme.

Violées toutes les nuits. Jeannoda Norotiana continue : «La plupart des acheteurs seraient des fermiers répugnants, des invalides, et n’habitent pas les villes chinoises, mais dans les campagnes lointaines. Du coup, ces filles sont contraintes de faire les durs travaux d’homme». De leur coté, dans la communication à distance, les victimes racontent: «au lever du jour, on nous fait porter de lourdes charges pleines de champignons. Et toutes les nuits, nos maîtres nous obligent à faire des rapports sexuels avec eux. Chacune de nous est violée tous les soirs. Et quand ils ont peur que nous prenions la fuite, on nous enferme en groupe dans des maisons dont nous ne sommes même pas en mesure de localiser». Selon le SPDTS, la plupart de ces filles ne maîtrisent pas du tout la langue chinoise. «Par conséquent, elles ne peuvent pas vraiment indiquer leur vraie position». D’ailleurs, les voix dans les appels indiquent : «Nous ne savons même pas où nous sommes exactement».     

Centre commercial. En effet, selon toujours les informations recueillies auprès de ce syndicat des militants pour la lutte contre le non-respect des droits de l’Homme, avant de quitter Madagascar, ces filles auraient travaillé dans les centres commerciaux chinois, outre ceux de Tana. Ainsi, après qu’on leur aurait proposé une nette amélioration du niveau de vie une fois en Chine, elles auraient accepté. «On leur aurait promis de faire le même métier ou devenir des domestiques une fois arrivées en Chine», confie Jeannoda. Pourtant, selon les témoignages, ce n’est pas du tout ce qui a été convenue qui se présente une fois arrivées à destination. «Elles ont été victimes d’une escroquerie de la part de leurs agences de voyage dans les deux pays, Madagascar et Chine, ainsi que de tous ceux qui ont aidé pour leur voyage», dixit la numéro un du SPDTS. Et ce n’est pas tout, Jeannoda Norotiana poursuit en affirmant qu’une fois ces filles arrivées à destination, leurs papiers auraient été confisqués, les privant de tous leurs droits.

En outre, d’après toujours les SPDTS, les victimes auraient affirmé que deux femmes malgaches seraient au cœur de ce trafic. Par ailleurs, selon Jeannoda N., d’autres personnalités malgaches venant des ministères auraient également facilité leur sortie au pays, en faisant les signatures des visas. Jusqu’ici, la version des représentants des autorités chinoises à Madagascar n’a pas encore pu être obtenue. Un de nos confrères a déjà passé un coup de fil à l’ambassade de la Chine à Madagascar, hier. Mais on lui aurait répondu que les responsables ne seront là que lundi prochain.

Arnaud R.


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