Travailleurs malgaches au Koweït : La prison comme alternative pour rentrer au pays



Jacaranda

«Je me suis enfuie de chez mon patron car je ne pouvais plus supporter toutes les violences et les lourdes tâches qu’on m’a fait subir. Ainsi, j’étais retournée chez mon agence de placement. Mais une fois arrivée là-bas, on m’a envoyée en prison car j’étais dépourvue de tous mes papiers d’identité. J’y étais enfermée pendant deux mois. Et puisque nous les Malgaches, ne sommes pas représentés par une ambassade, nous n’avons aucune solution pour retourner au pays. Ainsi, la seule chose à faire c’est d’espérer qu’on nous sorte de là. Et justement, c’est grâce aux passages des représentants des organismes internationaux dans notre prison qu’on peut sortir, après avoir examiné notre cas, une par une», raconte une jeune femme malgache ayant été victime de l’une des formes des traites des êtres humains au Koweït. En fait, comme les cas de tant d’autres comme elle, cette femme a été envoyée dans ce pays pour y trouver du travail (domestique). Mais en vain. Elle a été victime de l’escroquerie de son agence de placement. Ce, malgré les lois en vigueur fixant les modalités d’octroi et de retrait d’agrément des bureaux de placement privés. Ainsi, pour les femmes comme elles, y compris les mineurs, après avoir fait l’objet de toutes sortes de maltraitances, la seule solution est de passer des séjours en prison et ainsi d’espérer les passages des organismes internationaux pour examiner leur cas, ainsi de les rapatrier, si possible.

Têtues. Certes, il est peut-être très difficile de trouver du travail à Madagascar, et ainsi d’avoir des meilleures conditions de vie, surtout avec la crise qui perdure. Mais ne serait-il pas mieux de rester au pays aux cotés de ses proches et ainsi de s’entraider, au lieu d’aller s’aventurer seul(e) à l’étranger, en courant le risque de s’y perdre? En effet, d’après la majorité des rapports qui ont été vus et analysés, ce sont principalement ceux qui appartiennent aux couches vulnérables qui continuent de se ruer vers cette mauvaise direction. Donc, soit ils, ou plutôt elles (les travailleurs malgaches qui s’acharnent à partir à l’étranger) sont vraiment têtues, soit c’est cette suspension d’envoi récemment déclarée par le ministère de la Fonction Publique qui n’est qu’une mascarade. En tout cas, ces envois continuent dans l’intérêt de certains, face aux victimes qui ne cessent de se multiplier.

Arnaud R.

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